La ville du détroit a vibré au rythme de la première édition de Photo TANGER: le festival international de l’Image qui a été lancé le 16 juin dernier et qui se poursuit jusqu’au 31 Août 2026.
Sous le thème évocateur : « L’Appel au large », le festival rend hommage à l’histoire photographique de Tanger tout en célébrant la création contemporaine.
Durant ces trois mois et demi, la ville accueille une riche programmation d’expositions et d’activités qui témoignent de la vitalité créatrice de la scène photographique marocaine et internationale.
Dès l’ouverture du Festival, Tanger s’est transformée en galerie à ciel ouvert. Ainsi, les visiteurs ont pu découvrir des expositions majeures telle que: Tanger, pourquoi Tanger ? qu’abrite la Fondation pour la Photographie Tanger et qui retrace près de 150 ans de regards sur la ville avec des œuvres de : Cecil Beaton, Harry Gruyaert, ou encore Martine Voyeux.
Il serait fastidieux de citer toutes les expositions annoncées et en cours. Par conséquent, je ne mentionnerai que celles que j’ai visitées et appréciées.
A commencer par l’exposition solo de Rachid Ouettassi intitulée »L’arpenteur » qui se tient à la galerie Dar D’ART (du 17 juin au 31 août) et où l’artiste fait montre, à travers ses œuvres, d’une connaissance intime des quartiers, des habitants de sa ville natale. En déployant sa sensibilité singulière, il a réussi le pari de nous inviter dans son monde intérieur où cohabitent à la fois: mythes, légendes urbaines, héros, anti-héros, tous animés d’une poésie plein de dignité et de pudeur.
D’autres espaces prestigieux, tels que la Galerie Cervantès qui présente la fabuleuse exposition de l’artiste espagnole Isabel Muñoz, intitulée: « El Mar como somos », nous invitant à nous plonger dans cette dimension aquatique, hautement spirituelle de l’artiste prolifique.
A quelques encablures, l’emblématique Galerie Delacroix célèbre l’authentique culture populaire marocaine d’un « battement de cil » à travers les œuvres du Photographe Daoud Oulad Sayed.
Et tout comme un plaisir pour les yeux ne vient pas seul, la mythique librairie des Colonnes nous fait remonter le temps à travers les sublimes photos de feu le Grand Edmond Amran El Maleh, prises par son ami fidèle le photographe Jamal Mehssani.
Un peu plus loin dans l’espace, à Tanja Marina Bay, deux propositions complémentaires ont enrichi l’offre à travers les expositions respectives de Khalid Nemmaou « Waiting for Magellan » et « Carte Blanche » accordés à Yassine Alaoui Ismaili ou Yoriyas, ce dernier ayant été encensé par la presse internationale (New York Times: Casablanca: A City Nothing Like a Film (Jordan G. Teicher, April 26, 2017) dont l’ambition est d’être le chantre d’un nouveau Regard contemporain.
Enfin, la Villa Harris, sous l’égide de la Fondation Nationale des Musées et avec le soutien du Conseil de la Communauté Marocaine à l’étranger (CCME), accueille l’exposition collective « Regards des photographes marocains du monde » durant laquelle treize artistes déploient leurs parcours respectifs entre le Royaume et différentes régions du monde, explorant, chacun à sa façon, les questions de transmission et d’ancrage dans ce monde en mutation.
Durant cette saison d’effervescence artistique, il serait judicieux de rappeler que le véritable enjeu concernant notre ville Tanger est de capitaliser sur cette dynamique créatrice, d’en faire un tremplin pour la positionner comme un incontournable de la vie artistique.
Au-delà de la frénésie des débats, des tables rondes, de la diversité des expositions, de sérieux échanges entre artistes toutes générations confondues et d’horizons divers, doivent nourrir une réflexion profonde sur l’art et la création pour un engagement fort et durable, incluant toutes les parties prenantes pour réellement assister, enfin, à une concrétisation des actions entreprises en amont.
En conclusion, la citation suivante du célèbre poète essayiste, critique littéraire: Samuel Johnson (1709-1784) nous invite à croire en nos capacités tant humaines que matérielles pour bâtir un avenir meilleur à laisser en héritage aux générations futures.
« Les grands accomplissements sont réussis non pas par la force mais par la persévérance. »
Bel été à tous!
Myriem Cherkaoui, Professeur, Essayiste
























