La menace sur le patrimoine extra-muros reste importante. Petits exemples:

Le nom de la rue est souvent associé à la Villa Léon l’Africain (Hassan Al Wazzane), demeure emblématique de l’architecture coloniale française construite vers 1912 dans le style Riviera. Célèbre pour sa végétation luxuriante et son histoire, cette villa a été la propriété de Pierre Bergé, servant d’oasis urbaine.
Faisant la perpendiculaire reliant la rue de Fès à celle d’Allal Ben Abdellah et bien qu’elle soit jolie, calme et tranquille, cette rue présente un danger éminent depuis plusieurs années déjà sans qu’aucune autorité n’agisse pour réduire sa menace.
Comme le montre la photo de l’illustration, cette ancienne maison, abandonnée il y a très longtemps, est dans un état avancé de dégradation. Les fissures sur la façade touchent tous ses murs multipliant le risque d’effondrement qui peut se produire à n’importe quel moment.
Cette maison est une menace pour le voisinage et les passants, assez nombreux, qui traversent cette belle ruelle.
Elle rappelle ce vieux bâtiment de la rue de la liberté, en face de l’hôtel En Minzah, dont la façade est dans un état très critique. Là aussi, cela fait plusieurs années que la menace existe, mais sans aucune réaction des départements responsables.
Même si une commission technique d’ingénieur s’est déplacée pour y effectuer un contrôle et a déclaré que le bâtiment en question ne représente aucun danger d’effondrement et reste très solide, il reste clair que sa façade est une menace directe pouvant causer des accidents très graves et des victimes parmi les passants.
La façade de ce bâtiment, pourtant déclaré patrimoine « historique », mérite d’être restaurée, d’abord pour protéger les populations locales, et puis pour préserver l’image de marque de la ville chez les nombreux touristes étrangers qui s’installent à l’hôtel El Minzah.
A Tanger, plusieurs bâtiments dans divers quartiers de l’ancienne Médina et du centre-ville sont menacés de tomber en ruine depuis plusieurs années sans que cette grave menace ne fait réagir les autorités concernées. Une situation difficile à comprendre. S’agit-il de la complexité des lois réglementant ce domaine, du nombre des départements responsables ou alors de la solution adéquate pour se débarrasser des vieux immeubles et bâtiments et les remplacer plus tard par de nouvelles constructions?
Finalement, ces trois possibilités sont toutes valables.
La société civile tire régulièrement la sonnette d’alarme sur le délabrement des monuments, notamment ceux en dehors de la médina, qui nécessitent une plus grande attention. Le patrimoine architectural de Tanger, incluant des joyaux de la médina et des sites emblématiques, fait face à un risque de ruine important dû au délabrement, malgré des efforts de réhabilitation.
En effet, bien que des programmes de réhabilitation (125 MDH pour 2025-2028) se concentrent sur la Médina, les quartiers du centre-ville moderne (ex: Boulevard Pasteur, quartiers Marshan/Villa) subissent aussi la pression immobilière et le manque d’entretien.

Par A. REDDAM