Que veut-on faire exactement de la Marina de Tanger? Quel élan voudra-t-on donner à cette merveilleuse infrastructure aménagée au sein du port Tanger-ville suite aux directives royales?
Ces interrogations, pertinentes et logiques, émanent de la majorité absolue des propriétaires des yachts occupant les quais de la Marina, comme de la majorité des citoyens qui aiment s’y rendre pour passer un moment agréable dans les cafés et restaurants qu’elle abrite.
Finalement tout le monde est agacé de l’absurdité des contrôles répétés et sans aucun sens des agents de la police affectés sur place.
Si l’année 2020, à cause de la pandémie et des mesures de protection, ces contrôles étaient déjà très dures à supporter, cette année ils sont tout simplement devenus insupportables. Surtout pour les propriétaires des yachts qui veulent avoir un accès libre à leurs bateaux ou voiliers.
Contrôler l’accès aux quais est tout à fait légitime, mais le faire plus d’une fois devient agaçant et même irritant.
Quand un propriétaire d’un yacht arrive sur place, seul ou accompagné de sa famille, ses amis ou même sa petite amie, et qu’il soit contrôlé par les agents de la police à deux ou trois reprises, cela s’appelle purement et simplement un harcèlement.
Si ce dernier veut juste prendre un café ou un verre à bord de son yacht sans quitter le quai ou les eaux territoriales, il faut qu’il soit libre d’agir, exactement comme il le fait chez lui.
Car dans son yacht, il est chez lui, libre, exactement comme dans son appartement ou villa. Son yacht est sa propriété privée où personne n’a le droit de le déranger et moins encore le harceler.
Au départ, construire une Marina moderne à Tanger avait pour objectif de concurrencer celles de la Costa del Sol, la Marina de Marbella en l’occurrence. On parlait même d’aménager la plus belle Marina au niveau du bassin méditerranéen. On avait tout prévu pour réussir ce défi, mais on a négligé l’importance du rôle sécuritaire qui doit certes être stricte mais sans jamais dépasser la limite d’une liberté “surveillée” des clients.
Aujourd’hui, à cause d’une surveillance très mal gérée et d’un contrôle qui est devenu abusif, certains clients ont préféré quitter définitivement les quais de la Marina de Tanger et retourner louer des espaces ailleurs, notamment à la Costa del Sol que nous avons voulu concurrencer.
Habituellement, quand un propriétaire d’un yacht s’y rend, sans quitter la Marina ni avoir l’intention de naviguer en dehors de la zone limitrophe du port, le contrôle de la police s’effectue une seule fois dans le bureau réservé à cette action.
Dans le cas d’une navigation en dehors de cette zone ou des eaux territoriales nationales, les agents de la police ont, dans ce cas, le droit de contrôler même le yacht et toutes les personnes qui sont à bord. C’est une mission qui est légitime dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogues et l’immigration clandestine.
Dépasser ces mesures représente un harcèlement de bons clients de la Marina qui vont finir par la fuir un jour ou un autre, comme l’a déjà fait une bonne trentaine de propriétaires de yachts.
Quand on connaît qui peut s’offrir un yacht et combien ces bateaux coûtent-ils, on sait immédiatement comment traiter ces gens là qui sont soient de bons investisseurs installés à Tanger, soit des touristes très exigeants pouvant s’offrir ce luxe. Perdre les uns et les autres serait un désastre pour Marina Bay et pour toute la ville.
C’est la raison pour laquelle une révision de la manière des contrôles s’impose et une sélection des agents de la police qui sont affectés sur les quais de la Marina aussi.