« Pays à faible urbanisation, mais à grandes médinas : telle a longtemps été, telle est encore à beaucoup d’égards l’Afrique du Nord. Pays à chair rustique, mais à grosse tête, et la tête croissant toujours davantage » (Dixit Jacques Berque).
Le terme la médina (de l’arabe Al Madina), est surtout employé dans les pays du Maghreb, du Machrek et en Espagne médiévale. Une médina aujourd’hui désigne la partie ancienne d’une ville par opposition aux quartiers modernes de type européen.
L’urbanisme « médinal », est considéré comme portant en lui les concepts les plus actuels en matière d’environnement ; à une époque où l’on parle beaucoup d’une ville verte ou cité-jardin comme si c’était quelque chose de tout nouveau, on est surpris de constater que les principes du développement durable sont contenus en germe dans l’urbanisme de la cité islamique maghrébine. L’espace construit de la médina ne représentait qu’une partie réduite, le reste était occupé par des champs de culture pour l’alimentation des citadins en légumes et en fruits. La nature était présente d’une manière dominante dans l’espace urbain. Les jardins potagers et d’agréments se trouvaient de part et d’autre des murailles.
Dans la médina, les ruelles s´achèvent fréquemment en impasse et l´accès en est réservé aux résidents ou aux hôtes. La maison reste l´espace de la parole intime, de sorte que les logements sont l´aboutissement du dehors qui se clôt sur l´intimité, comme la rue et la place sont les prolongements ouverts du logement. En réalité, la citadinité est liée à l’histoire des familles illustres qui ont des caractéristiques professionnelles et morales spécifiques. Les quartiers résidentiels, relativement exclus de l’espace public et commercial, sont le produit de cet art de bâtir qui octroie à la hawma et au derb une certaine intimité. La spatialité de la dite hawma est reliée à un urbanisme du signe, L’espace bâti de la médina donc est saturé de significations. 
« L’unité éminente de la médina doit sa sauvegarde à la grande mosquée, vers tout conflue, et de laquelle tout reflue, comme si elle était un cœur : premier trait. Second trait : l’existence des quartiers à couleur familiale, à niveaux sociaux hiérarchisés. Troisième trait : une continuité immobilière extrême, une stabilité presque ancestrale. Les mutations de l’immeuble, du corps de la ville, obéissent à des règles délicates : par exemple, encore de nos jours à Fès, on ne peut pas construire, ou même exhausser une construction, sans demander l’autorisation des voisins. La définition de la ville musulmane est fonctionnelle, selon l’éthique musulmane elle est un lieu d’échange et de témoignage. La médina est le lieu où le témoignage se fait architecture. » (Jacques Berque : un urbanisme du signe).
La médina maghrébine est une ville à échelle humaine. Elle est construite autour d’un centre, où l’on retrouve les équipements collectifs les plus importants (la grande mosquée et le marché) et vers lequel convergent toutes les artères principales. Celles-ci se ramifient en rues secondaires qui mènent à différents quartiers, formés par un maillage très serré de maisons de deux étages construites en grappes autour d’impasses. Cette densité du tissu urbain élimine le besoin de véhicule en rendant tout accessible à pied. En outre, elle favorise le rapprochement humain (les maisons se touchant, on se parle facilement d’un toit-terrasse à un autre). En fait, l’apport considérable que l’architecture arabe représente, a été souligné depuis longtemps par les plus grands architectes contemporains, dont Le Corbusier qui à la suite de son séjour à la Casbah d’Alger dans les années 1930 s’exclamait déjà : “Ils ont pu se loger si nombreux et à l’aise dans les ombres diverses de la cour, dans l’espace des horizons de la terrasse, parce que cette architecture arabe détient les secrets des dimensions humaines.” L’architecte franco-suisse fut le premier à réinterpréter la médina maghrébine pour intégrer certains de ses principes à l’architecture moderne. Ainsi, avec son Unité d’habitation de Marseille, il a composé une sorte de médina verticale, avec ses 360 appartements en duplex, reliés par des “rues” intérieures, ses commerces et ses équipements publics sur un toit en terrasse.
La médina exprime la culture qui la structure, celle de sa tradition orale, et donc les préoccupations des hommes qui l´habitent. Une médina étant d´abord au plan démographique, un espace de convergence vers lequel s´orientent des hommes aux origines et aux caractères culturels hétérogènes. La médina est ainsi conçue et réalisée dans son bâti qu´elle exprime au moins deux vérités vécues et partagées par le groupe :
1) La prééminence de l´immatériel sur le matériel, d´abord, traduite en termes d´architecture urbaine par la position dominante des mosquées, à la fois lieux de rassemblement et d´élévation.
2) La fermeture, ensuite, des habitations aux regards extérieurs pour garantir la préservation de l´intimité familiale.
En raison de leur patrimoine et des savoirs-faire qu’elles abritent, un certain nombre de ces médinas maghrébines  sont inscrites au patrimoine mondial par l’UNESCO.

De la « ville » à la « ville traditionnelle »

Initialement, le mot arabe médina ne désigne rien d’autre que « la ville ». Avec la colonisation européenne et la création de « villes nouvelles » qui sont venues se juxtaposer aux anciennes médinas, la signification du terme s’est restreinte à la notion de « ville historique », « ville traditionnelle » ou même « ville indigène ».
Une médina se caractérise par ses échanges avec les zones rurales environnantes qui la nourrissent et par les activités marchandes qui la soutiennent, malgré les remparts qui la ferment et la protègent de la menace des envahisseurs. Une grande partie d’une médina est occupée par les souks.
Les médinas se caractérisent par une grande mixité d’activités humaines. Elles forment un espace où se juxtaposent les fonctions résidentielle, économique, sociale et culturelle.
Aujourd’hui, la mondialisation et/ou le développement des pays anciennement colonisés remettent en question les modes de production traditionnels des biens et des services et, en conséquence, le tissu traditionnel des médinas. Les médinas se définissent dès lors par rapport à et dans une relation socioéconomique avec les villes modernes qui ont grandi à leur côté. La prise de conscience de la nécessité de les sauvegarder est récente. Ainsi, la médina de Tunis est classée au patrimoine mondial de l’Unesco en 1979. En effet, les médinas peuvent jouer un rôle très important dans la revitalisation des arts et des traditions qui ont modelé un artisanat de grande qualité, en cours de disparition ou uniquement tourné vers le tourisme.
Comme le dit l’architecte et urbaniste Marc Gossé, « les grands principes du développement durable y sont présents – bien avant l’adoption de ce concept à Rio – à savoir : un écosystème subtil et abouti entre nature et urbanisation, une capacité d’adaptation étonnante de la morphologie et des typologies architecturales, une économie d’énergie par la limitation de la mobilité polluante des automobiles et la densité du bâti, un processus participatif et une gestion conviviale des espaces urbains, des systèmes de solidarité et une pratique de l’égalité de statut entre personnes et représentations symboliques spatiales, qui tous ne demandent qu’à être encouragés, réactivés ou réinterprétés, contre un modèle urbain « générique » porté par l’”ultralibéralisme” moderniste mondialisé, qui génère la destruction de l’environnement, du lien social et de la diversité culturelle ».

M. Don Ricardo Díez-Hochleitner a été organisée, le mercredi 22 septembre, dans la résidence du Consul General d’Espagne à Casablanca , M. Alberto Carnero en l’honneur de M. Juan García Muñoz, Président de la Chambre Espagnole de Commerce et d’Industrie de Casablanca.

 

M. Juan García Muñoz a reçu la Croix de l’Ordre d’Isabelle la Catholique en reconnaissance à sa carrière, son dévouement au profit de la nation espagnole ainsi que pour sa contribution à favoriser les relations d’amitié et de coopération entre l’Espagne et le Maroc.

« C’est un grand honneur pour moi de recevoir la croix de l’Ordre Isabelle la Catholique, haute distinction accordée par le Roi d’Espagne Felipe VI , j’espère la porter avec dignité , dévotion et loyauté » . JGM

Nous lui présentons toutes nos félicitations et dans cette continuité, tous nos vœux de réussite.