Alors qu’on attend chaque jour le retour de la pluie à Tanger, qui tarde à tomber, c’est le moment idéal pour Amendis de programmer rapidement les opérations de curage des oueds et autres canalisations traversant la ville.
Ces opérations sont essentielles pour éviter des inondations en cas de pluies torrentielles que tous les habitants de Tanger souhaitent, mais sans enregistrer les dégâts qu’elles provoquent notamment à cause du non curage des oueds.
L’absence de communication concernant ce sujet laisse perplexes les populations locales, ainsi que les chefs des entreprises installés dans des zones industrielles comme celle de Mghogha et Al Majd, toutes les deux traversées par Oued Mghogha.
Pas loin, le rond-point de Riad Tétouan est aussi un repère des inondations dès les premières fortes pluies.
Amendis respecte-t-elle entièrement le cahier des charges concernant l’assainissement? Pour beaucoup d’observateurs, pas certainement, sinon la ville aurait évité plein de dégâts durant la dernière décennie.
En 2008, des inondations avaient provoqué l’arrêt d’activité dans plus de 130 unités de production dans la zone industrielle de Mghogha, entraînant le chômage de près de 30 000 ouvriers. Le bilan précis des dégâts matériels subis par ces unités était énorme. Plusieurs millions de dirhams. La zone industrielle Al Majd d’Aouama n’avait pas été épargnée par les crues. Et pire, le bilan des dégâts humains a fait état, selon les services de la protection civile, d’une personne portée disparue et trois morts dont les corps ont été retrouvés au niveau de l’oued Mghougha. 
En 2021, après une longue période de sécheresse, Tanger avait également vécu un drame qui reste inoubliable.
Lundi 8 février, des inondations avaient fait 24 victimes mortes coincées dans un atelier textile situé au sous-sol d’une maison sur la route de Rabat.
On se rappelle de ces images diffusées montrant des secouristes évacuer des corps sur des civières, sous les yeux de riverains traumatisés, avec un ballet d’ambulances dans ce quartier résidentiel mais très mal entretenu au niveau de l’assainissement, entre autres facteurs.
Ces images avaient fait le tour du monde.
En novembre 2021, un plan d’urgence pour la protection contre les inondations avait été l’objet dune convention signée plusieurs institutions.
Le programme (2022-2024) d’un budget de 310 MDH, avait fait l’objet d’un projet de convention dont les dispositions ont été approuvées lors d’une session extraordinaire du Conseil régional de Tanger- Tétouan-Al Hoceima, vise à protéger contre les inondations des zones et quartiers exposés à un risque d’inondation et de crue des oueds traversant la ville. Il s’agit, entre autres, des deux zones industrielles de Mghogha et Al Majd ainsi que des quartiers de Ziaten, Boukhalef, Azib Bkiou, Al Aouama et Bouhout.
A part quelques chantiers réalisés ici et là, notamment sur Oued Mghogha et Souani et près de la maison dont le sous-sol abritait l’usine de confection, ni Amendis ni aucun département responsable n’a diffusé un communiqué ou une note d’information expliquant ce qui a été fait ou pas encore.