A Fès, deux immeubles se sont effondrés dans la nuit du 9 au 10 décembre, faisant plus de 20 morts et plusieurs blessés. Les habitants, encore sous le choc, racontent un drame évitable au moment où les secouristes poursuivent leurs recherches.
Ces immeubles de quatre étages se sont effondrés successivement dans le quartier Al Massira dans la zone Bensouda.
«Si la construction avait été réalisée comme il faut, si tout avait été fait dans les règles, un effondrement pareil n’aurait jamais dû se produire», racontent des témoins surplace.
Les habitants concernés avaient bénéficié de terrains après avoir quitté les bidonvilles de Laâzim dans le cadre d’un programme de relogement lancé en 2007. «Ceux qui ont profité de ce programme ont construit eux-mêmes leurs maisons, souvent au mépris des lois sur l’urbanisme et les normes de construction», ajoutent les mêmes témoins.
Pour sa part, un acteur civil confirme que les règles d’urbanisme n’ont pas été appliquées comme elles auraient dû l’être et que la tragédie était évitable.
Ce tragique accident rappelle logiquement la situation dramatique et si dangereuse des milliers de bâtiments anarchiques construits illégalement dans toute la grande périphérie de Tanger.
Des quartiers entiers, bâtis sans aucune considération aux réglementations en vigueur, sont devenus avec le temps un danger énorme et gigantesque qui met en danger la vie de milliers de personnes.
Sans perdre le temps de se poser la question sur l’identité des auteurs et responsables de ce chaos, aujourd’hui les autorités locales et les départements de la tutelle doivent prendre le toro par ses cornes et agir avant que la même catastrophe de Fès ne se reproduise à Tanger.
Bir Chifa, Haoumat Saddam, Aouama, Mghogha… Tout cet arrière pays qui constitue la zone périphérique de Tanger est devenu une menace pour un grand nombre de familles.
Même dans les grands anciens quartiers de la ville, des constructions sont menées dans aucune autorisation, ni un plan réalisé par un architecte.
Dans certains cas, le propriétaire d’une ancienne petite maison, d’un étage ou deux, peut obtenir une autorisation d’un simple réaménagement, mais trouvé l’astuce pour ajouter deux nouveaux étages, même trois, sans aucun contrôle.
C’est ce laisser-aller qui augmente le niveau de la fraude et par conséquent celui des menaces des effondrements.
Un laisser-aller inadmissible et impossible ailleurs où la loi est strictement respectée. A.R.