Ali GHOUDANE (Docteur chercheur en Sociologie)

Est-il tolérable qu’une ville comme Tétouan au riche patrimoine architectural et historique et à ce que certaines de nos villes en général – à la veille du Mondial 2030 – donnent l’impression de se ruraliser jusque sur ses toits ?

هل من المقبول أن تبدو مدينة مثل تطوان، ذات التراث المعماري والتاريخي الغني، وكأنها تتحول إلى طابع ريفي حتى على أسطح منازلها، ومثلها بعض مدننا عامةً، ونحن على مشارف مونديال 2030 ؟

Un phénomène pour le moins insolite prend de l’ampleur à Tétouan – et vraisemblablement ailleurs : l’élevage de volailles sur les toits des habitations. Bien que cette pratique puisse paraître anodine ou folklorique à première vue, elle soulève aujourd’hui de sérieuses interrogations sur ses répercussions sanitaires, environnementales et sociales.

En l’absence apparente d’un cadre réglementaire clair, de nombreux habitants transforment les terrasses de leurs immeubles en véritables poulaillers urbains. Le vacarme matinal et vespéral provoqué par les coqs – dont les cocoricos résonnent dans toute la ville – devient une source de nuisance sonore constante pour les riverains. À cela s’ajoutent les risques sanitaires liés à l’accumulation de déchets organiques, aux mauvaises odeurs, à la prolifération d’insectes, et aux maladies potentiellement transmissibles. À savoir que l’élevage de volailles, de pigeons et de lapins sur les toits des zones densément peuplées présente des risques pour la santé et l’environnement des citoyens. Aussi rapporte-t-on : « Ces oiseaux sont souvent infectés par un certain nombre de maladies qui se propagent dans l’air et peuvent infecter les humains et les communautés vivant autour d’eux, y compris des maladies qui atteignent un stade dangereux comme la grippe aviaire ».

Cette situation étonne lorsque celà se déroule au cœur de Tétouan, capitale estivale du Royaume, censée incarner l’élégance urbaine et le rayonnement culturel du Nord du Maroc.

Face à cette réalité, une question se pose : les autorités locales, en particulier les conseils communaux comptent-elles intervenir pour encadrer ou interdire cette pratique ? Est-il tolérable qu’une ville comme Tétouan au riche patrimoine architectural et historique et à ce que nos villes en général – à la veille du Mondial 2030 – donnent l’impression de se ruraliser jusque sur ses toits ?

Il est urgent que des mesures soient prises, non seulement pour préserver le cadre de vie des citoyens, mais aussi pour clarifier, par voie réglementaire, ce qui est permis ou interdit dans ce domaine.

Nous estimons qu’il est essentiel de sensibiliser et d’éduquer les habitants en général et ceux des quartiers concernés en particulier sur les dangers que représentent ces oiseaux installés sur les toits, tant pour la santé publique que pour la sécurité des habitants et pour l’esthétique de nos villes.

Enfin, les autorités et l’ensemble des citoyens sont appelés à se mobiliser pour éradiquer ce phénomène nuisible, vecteur de virus et de maladies. Il en va de la santé publique, de la qualité de vie urbaine et de l’image d’un Maroc moderne, responsable et pleinement engagé dans la réussite de la Coupe du monde 2030.