Quand une ville s’agrandit, il faut impérativement améliorer les plans de la circulation routière, élargir les routes et prévoir d’autres solutions alternatives aidant à soulager le centre-ville et les grands quartiers.
C’est exactement ce qui s’est arrivé à Tanger où d’importants projets ont été réalisés pour réduire la densité sur les principaux axes.
Durant ces dernières années, plusieurs axes routiers de la ville ont été, en effet, élargis dans le but d’absorber le maximum de véhicules, objectif qui reste difficile à atteindre d’autant plus que les possibilités de réaménagement des routes existantes sont très limitées. Tanger souffre, comme toutes les villes de la région Nord, de l’étroitesse de ces avenues et boulevards aménagés par les Espagnols quand ils colonisaient cette zone du Maroc. Contrairement aux villes du Centre et du Sud (Rabat, Casablanca ou Marrakech), aménagées par les Français. Le boulevard Mohamed V à Casablanca ou Rabat n’a absolument rien à voir avec celui de Tanger, ni sa continuité sur le boulevard Pasteur. La différence dans la largeur de ces avenues est énorme. A Rabat et à Casablanca il a été facile de réserver une partie de la chaussée de ces deux boulevards pour le passage du tramway. A Tanger, ce n’est même pas la peine d’imaginer un tramway traverser le boulevard Pasteur, sauf si on interdit carrément la circulation des autres véhicules sur cette voie ou qu’elle soit autorisée dans un seul sens.
A Tanger, le tramway est programmé sur la route de Tétouan pour rejoindre celle de Rabat du côté de Gzenaya où sont concentrées les usines de la Free Zone.
Même une ligne de métro est difficile à réaliser dans la capitale du Nord. Dans son centre-ville et ses quartiers principaux, la cité fait face à un grave problème urbanistique qui rend presque impossible une modernisation efficace de l’infrastructure routière et des transports en commun.
Même les tunnels n’ont pas servi à diminuer les nombreux embouteillages dans le centre-ville. Ils sont insuffisants et des fois mal réalisés, car construits dans le sens contraire. C’est le cas particulièrement du tunnel de la place de la Ligue arabe (Souriynne). Tous les professionnels du secteur des transports (chauffeurs des taxis, des bus et des camions, etc.) assurent que ce tunnel devait être ouvert sur la route de Tétouan et pas celle de Rabat. Finalement qu’est-ce qui empêche qu’il y ait deux issues, une en direction de chaque route?
A Tanger, on n’arrive même pas à savoir gérer intelligemment certains ronds-points. A Castilla, à la Place du Maroc, l’autorité responsable ne cesse d’installer des feux de signalisation, de les désinstaller pour les réinstaller une seconde fois. Un vrai casse-tête pour tout le monde.
Les erreurs dans ce domaine n’ont pas de limites et paraissent être le sort de Tanger. En effet, qui ose démolir un joli “paseo maritimo” qui était exceptionnel et unique dans son genre au Maroc et même dans le bassin méditerranéen, n’a aucune notion de savoir-faire même s’il prétend être le meilleur aménageur des villes modernes.
L’avenue d’Espagne (aujourd’hui renommé Boulevard Mohamed VI) avait une renommée mondiale grâce à son charme fait essentiellement de ses palmiers centenaires, sa proximité de la plage et sa sympathique corniche.
Depuis l’étape de l’ancien Wali El Yacoubi, Tanger a définitivement perdu sa belle avenue qui a été remplacée par une autoroute urbaine donnant sur une corniche sans aucun goût ni  âme.
Avec sa continuité sur Bouqnadel, cette nouvelle route avait été réalisée pour aider à améliorer la circulation routière dans le centre-ville de Tanger. Et là aussi il y a eu un effet contraire. Le problème de la densité de la circulation n’a pas été solutionné, au moment où une belle avenue et une magnifique corniche ont été effacées de la mémoire de cette ville.
Et puis il y a des petites solutions qui s’imposent et deviennent urgentes, mais à auxquelles on ne pense jamais. Comme si on n’ose pas, comme si ces espaces sont sacrées et donc intouchables.
C’est le cas de ces 3 trottoirs qui s’imposent en plein milieu de la place de France, qui dérangent énormément la circulation, mais que personne n’a pensé un jour raser.
Pour quelles raisons on garde encore ces 3 obstacles dans une place qui est déjà trop petite? Ces dalles sont elles aussi sur la liste du patrimoine de la ville qu’il faut protéger ?
Populations et autorités savent bien que tout ce qui se trouve au milieu de la place Faro est devenu archaïque et dérange énormément la circulation et qu’il est temps de créer un peu plus d’espace sur cette place en enlevant tous ces vieux trottoirs qui se trouvent au milieu d’une route qui est devenue trop étroite.
Même la vieille fontaine dérange et n’est pas sacrée.

Abdeslam REDDAM