Définition du mot “archive”:
1. Collection de documents anciens, classés à des fins historiques.
2. Lieu où les archives sont conservées.

Après la lecture de cet article, il sera clair que les autorités de Tanger ne respectent ni la première ni la deuxième définition…

On nous avait dit qu’une partie des archives de la commune urbaine de Tanger, représentant plusieurs secteurs et activités, ont été transférées dans une chambre humide du cimetière catholique de Boubana.
Qu’elles y étaient complètement enterrées puisque la commune n’a pas son propre centre d’archivage et risque pour longtemps de ne pas l’avoir à cause de l’incompétence de ses dirigeants concernant l’importance de cette technique pour protéger les archives de la ville.
De toute façon perdre des lettres, des rapports ou des projets qui n’ont jamais vu le jour, n’est pas si grave.
Par contre, ce qui est très grave c’est quand une ville de la valeur de Tanger perd les archives de son patrimoine historique.
Là oui l’information fait mal et reste difficile à comprendre.
Ce n’est pas une fakenews, c’est une vérité. L’archive des bâtiments historiques de Tanger n’existe “presque” plus. Il a été victime des effets de l’humidité et des pluies quand il a été transporté dans un bâtiment abandonné et non protégé contre ces effets.
Abandonnées pendant des années (le transfert ne date pas d’aujourd’hui mais du temps du mandat du PJD à la mairie de Tanger) ces archives ont été victimes de moisissure au point que les récupérer est devenu pratiquement impossible.

Mais qu’est-ce que cela veut dire exactement ?
Ne pas avoir conservé des documents contenant des informations historiques, techniques et administratives d’un bâtiment historique veut dire que toutes ces informations sont irrécupérables.
Par exemple si à cause d’un mauvais entretien, un immeuble perd des indices sur l’année de sa construction, que l’on ne se rappelle même plus de son nom, du nom de ses propriétaires et leurs héritiers, etc., (cas des familles juives et catholiques partis de Tanger il y a des décennies sans presque jamais revenir) il serait alors impossible de récupérer toutes ces informations puisque son dossier archivé n’existe pas.
Autrement dit, à Tanger des centaines d’immeubles historiques risquent juridiquement de ne plus exister puisqu’il n’existe presque aucun document certifiant leur statut historique. Voilà le danger!
Oser arracher des chefs-d’œuvre collés depuis plus d’un siècle sur les murs de la cour d’un ancien bâtiment situé à l’avenue Hassan II, sur la route de Marshan, pour les transporter dans un musée, prouve que tout est devenu possible dans cette ville. Si ce bâtiment était véritablement protégé et possédait tous les documents justifiant sa valeur en tant que patrimoine historique, la Fondation nationale des musées et son président Mehdi Qotbi n’auraient jamais osé le toucher. Car la loi protège le patrimoine historique national.

Archivage numérique

Alors qu’il existe même dans les plus petits villages des pays européens et certains pays arabes (Ghaza et les territoires palestiniens occupés le possèdent aussi), l’archivage numérique n’existe pas dans les communes de Tanger. Pourtant, il est devenu crucial et présente de nombreux avantages.
Écologique et économique l’archivage électronique réduit en effet le nombre de contraintes liées à la gestion du papier, de dossiers et de documents. Il simplifie, sécurise et rend plus efficace la gestion d’informations sans altérer l’intégrité des données.
Parmi les autres bénéfices de l’archivage de documents numériques, on peut également citer le gain de place: à titre d’exemple un disque SSD de 1 tera octet contient les informations d’une salle d’archives de 43.000 mètres carré; le gain de temps: grâce à l’économie du temps consacré à la recherche, au tri et/ou à la destruction des documents; la réduction des coût liés à l’usage du papier: comme le fait d’imprimer.
L’archivage numérique aide à limiter les risques de destruction d’information occasionnés par le feu ou les dégâts des eaux (le cas des bâtiments historiques de Tanger), facilite la manipulation des documents et le partage d’informations et sécurise l’accès aux archives: l’accès aux données est contrôlé, tracé et donc mieux sécurisé.
En plus, grâce à cette technique, l’information peut être restituée sur des supports variés, des écrans, projecteurs et même imprimée si nécessaire.
La transition de l’archivage du papier vers l’archivage électronique est donc devenue une réalité qui s’impose.
Mais à Tanger, les autorités n’y pensent même pas.