Lors d’une rencontre qu’il a présidé en présence de certains élus, le Wali a assuré qu’il n’est permis aucune construction anarchique dans les forêts de Tanger. Pas de bidonville, ni aucune construction informelle. Si Mohamed Mhidia le dit, c’est qu’il sait très bien que sauf rares exceptions, le contrôle est très serré.

Quand on parle de protection des forêts contre l’invasion du béton, officiellement, on désigne ces maisons anarchiques construites rapidement, surtout les week-ends et même durant la nuit, loin des yeux du Mokaddem et du cheikh, qui sont au courant mais font semblant de ne pas l’être.
La manière est courante et tout le monde sait très bien comment naissent ces constructions et dans quelles circonstances. Tout le monde suit aussi ces épisodes des périodes préélectorale souvent entachées d’une corruption directement liée au secteur de la construction anarchique, spécialement dans la zone périphérique de la ville.

Mais paradoxalement, quand il s’agit par exemple de la construction d’un complexe hôtelier à cause duquel on rase facilement des centaines d’arbres sur des hectares, on applaudit le projet car il est créateur d’emplois. Là personne n’ose parler de protection de l’environnement, des forêts et du littoral. Là, ce sont les intérêts économiques et sociaux de la ville qui priment et passent devant. Personne n’a le droit de critiquer les choix stratégiques du développement, même s’ils mettent en danger les forêts, la terre et la mer.
Pourquoi un hôtel, qui est à l’origine de la disparition de toute une zone forestière ou de la destruction d’un littoral , n’est-il pas “interdit” et considéré comme une construction anarchique, informelle et contre la loi? Parceque l’intérêt économique passe avant l’intérêt environnemental.

En dehors des zones forestières et celles de la périphérie, existe-t-il des constructions anarchiques qui ne respectent pas la loi dans les différents quartiers de Tanger? Personne n’aime aborder ce sujet car il cache des vérités très dérangeantes.

Même si c’est Mohamed Mhidia qui pose cette question aux cadres chargés de l’urbanisme à la Wilaya ou dans les autres administrations responsables, ils lui répondront par la négation.

Et pourtant, le Wali sait très bien que partout dans cette ville, le bordel est total et le K.O. a de loin dépassé ses limites. Concernant les lois régissant et organisant le secteur du bâtiment, la ligne rouge a été dépassée depuis fort longtemps.

Autant lire la Fatiha!

La photo choisie pour illustrer cet article est parfaite pour montrer la désolation du premier responsable de la ville et de la région concernant l’état désastreux où est arrivée la gestion de certains secteurs, celui du bâtiment entre autres. Alors qu’elle devait être lue pour lancer et démarrer de bons projets, puisqu’elle est la première Sourate du Coran, on lie aussi la Fatiha  pour lamenter un mort ou, hélas, un sort. Et concernant ce secteur, le sort de Tanger est plus que lamentable…