Au Nord, en attendant la réouverture des frontières maritimes, qui constitue la meilleure solution pour la relance du tourisme, notamment dans la zone de Tanger Tétouan et Al Hoceima, les hôteliers ont désormais accès à un important soutien de l’état. Voici ce qu’en pense Mme Rkia Alaoui, la présidente du CRT-TTA. Entretien.

Le ministère du Tourisme a annoncé le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour recenser les établissements d’hébergement touristique (EHT) souhaitant bénéficier de l’appui financier de l’Etat, d’une enveloppe global d’un milliard de dirhams.
Que représente pour vous l’intérêt de cette action et jusqu’à quel point va-t-elle aider à la relance des établissements hôteliers?

Cette action sera très importante pour le redémarrage et la mise à niveau de cet appareil de production qu’est l’Etablissement d’Hébergement Touristique. Ce programme, qui permet d’améliorer la qualité du produit, à travers les réaménagement, la réhabilitation et l’équipement, ainsi que l’amélioration de la qualité de service, à travers la formation, la mise aux normes et le numérique. L’état, à travers ce chantier, n’ajoute pas davantage de dettes aux opérateurs, mais leur apporte un soutien pour opérer les transformations nécessaires, à travers des fonds dédiés. Ainsi, ce mécanisme ne peut qu’être salué.

En plus de cette “aide”, que faudrait-il faire véritablement pour que cette relance ait des répercussions positives?

De la visibilité, avant tout. Il faudra continuer à offrir les bonnes conditions aux visiteurs et tour opérateurs internationaux afin qu’ils reprennent confiance en la destination, sans crainte de se retrouver renfermé, en attente de vols de rapatriement.
Puis, la reprise des liaisons maritimes, qui sont nécessaires pour Tanger et toute sa région proche. L’activité économique de plusieurs opérateurs, commerçants, guides, bazaristes, restaurateurs, etc.. est à l’arrêt ou au ralenti, vu qu’ils dépendent de ces flux.
Et finalement, de l’aérien, encore et toujours, pour continuer à être proches et accommodants pour tous nos prospects.

Pour la relance de la destination Tanger-Tétouan-Al Hoceima la vraie solution est la réouverture des frontières maritimes. Quelles sont les informations que vous avez concernant ce sujet?

La visibilité n’est pas au rendez-vous sur ce volet. Nous avons entendu plusieurs déclarations positives, mais nous n’avons pas de timeline précis quant à cette ouverture. Nous espérons qu’elle se fera dans les plus brefs délais, parce que la situation ne peut pas durer indéfiniment, sinon elle engendrera davantage de précarité chez plusieurs maillons de la chaîne de valeur touristique.

L’ONMT vient de lancer une nouvelle promotion pour promouvoir le tourisme national, mais est-ce que cela est suffisant pour satisfaire les professionnels?

A mon sens, l’ONMT joue pertinemment son rôle de sensibilisation, d’éducation aux potentialités, d’installation de territoires dans le top-of-mind des touristes marocains, d’inspiration.. Les professionnels ne peuvent pas s’adresser à d’aussi grandes masses directement, vu les budgets et les expertises nécessaires. Ainsi, à travers la campagne tourisme interne lancée, l’Office crée l’intérêt auprès d’un public cible pour différents territoires, dans l’optique de passer le bâton aux acteurs qui font la commercialisation de cette offre, qui sont les professionnels du tourisme.

Propos recueillis par A.R.