Une euphorie s’installe autour de l’ancienne Médina et c’est excellent. Le soutien de la population locale aux commerces de ce quartier touristique est l’une des plus belles initiatives prises durant cette période de crise. Une réponse spontanée qui n’est point une surprise. Elle est une évidence.
Les journées des 15 et 16 janvier 2022 seront très certainement répétées tout au long des prochaines semaines. Mais sont-elles suffisantes et représentent-elles la vraie solution à cette crise?
Absolument pas. Cette opération de soutien, même si elle se répètent plusieurs fois et qu’elle soit copiée comme modèle à reproduire dans d’autres villes, n’est pas la véritable solution de la crise qui touche le tourisme et bien d’autres secteurs d’activité.
L’erreur,  la plus catastrophique et impardonnable, serait que l’actuel gouvernement se contente de voir les citoyens s’entraident et multiplient les formes de soutiens sans chercher la bonne solution. Ce serait dramatique.
Compter sur les banques pour qu’elles octroient de nouveaux crédits aux sociétés et entreprises qui sont presque en faillite serait également une erreur grave. Les sociétés ayant pu bénéficier d’un crédit “Oxygène” n’arrivent déjà plus à respirer. Il est impossible pour elle de le rembourser et les banques n’en ont pas pitié.
L’aide sociale octroyée par la CNSS (de 1700 DH et pas 2000 DH) ne suffit à rien et en plus il existe une importante partie des Marocains qui ne l’ont jamais obtenu.
Sachant que très certainement cette crise économique et sanitaire va durer dans le temps, que reste-t-il alors comme alternatives pour donner un nouveau souffle aux commerces, aux sociétés et aux familles qui sont à un doigt de la faillite totale?
La seule vraie solution est de repenser la réouverture des frontières aériennes et terrestres. Définitivement mais intelligemment et avec prudence.
Si le Maroc augmente les mesures de vigilance et de précaution (respect de la distanciation, port du masque obligatoire même dans les rues quand une alerte est lancée, etc.), il reste très probable de vaincre le virus tout en améliorant l’état de santé de l’économie nationale, le tourisme inclu.
A part la réouverture rapide des frontières, aucune solution n’épargnera la faillite, même si les citoyens doublent leur soutien en faveur des petits commerces, des bazars et des cafés…
Un jour, même ces citoyens qui aident aujourd’hui, auront besoin à leur tour d’être aidés.
Et ça sera trop tard.

Abdeslam REDDAM