“Mener des actions en partenariat et créer une convergence durable est fondamental pour la réussite de tout projet social”
“Vivre de près la gestion politique des affaires de la région, qui est une action essentielle du développement économique et social, est sans nul doute un plus pour moi”

L’association Mouwakaba s’est forgée une belle renommée parmi les plus dynamiques à Tanger.
Derrière ce succès, Fatima Zahrae El Bakkali, la présidente, impose une vision pertinente et réalise des objectifs redonnant espoir aux couches sociales défavorisées. Une femme très audacieuse. Interview.

Vous êtes la présidente de l’association Mouwakaba. Comment est née cette association et dans quels objectifs?

L’idée est née entre amies, ça fait déjà cinq ans, dans un contexte où la ville de Tanger connait un développement socio-économique sans précédent malheureusement toute la population ne profite pas de cette dynamique, surtout les bidonvilles et les quartiers démunis, notamment les jeunes et les femmes des quartiers défavorisés. Notre mission est de les Accompagner afin d’intégrer le marché du travail et mettre en place des projets générateurs de revenus, en permettant la mise en place des actions de terrain pertinentes inscrites dans une durée précise en mode projet. Chaque action de terrain entreprise est fondée sur l’écoute des besoins des habitants des quartiers.

Quels sont les projets phares sur lesquels vous travaillez depuis la création de cette association ?

En principe MOWAKABA (accompagnement) est la valeur fondatrice de notre association et de notre réseau de solidarité où chacun donne et reçoit. C’est un réseau d’accompagnement, au profit de ceux qui ont plus de difficulté, et afin d’atteindre leur but on leur facilite des actions, des projets, des ateliers de formations, etc. Parmi nos actions:
– La formation des jeunes femmes comme opératrices dans les entreprises de confection.
– Des ateliers de couture traditionnelle et moderne avec la garantie de l’intégration sur le marché de travail au profit des jeunes filles qui ont abandonné la scolarisation, durant une période de 3 mois.
– La réalisation de trois expositions traditionnelles de proximité.
– Le renforcement des capacités des jeunes à travers les ateliers des lifes skils et de développement personnel.
– Les séances de l’accompagnement psychologique et social au profit des jeunes qui sont dans une situation d’addiction.
– La mise en place d’une cellule d’écoute et d’orientation au profit des jeunes NEET:  jeunes hors du circuit scolaire n’ayant pas accès à l’éducation, ni à la formation, ni à l’emploi, qui se trouvent dans des situations précaires de décrochage ou délivrés au chômage.

Vous organisez plusieurs cycles de formation destinés aux jeunes pour les aider à développer leurs propres projets ou les créer, et en parallèle vous participez personnellement à d’autres formations organisées notamment par la CGEM ou l’AFEM. Comment jugez vous les différents partenariats avec ces deux institutions ?

Mener des actions en partenariat et créer une convergence durable est fondamental pour la réussite de tout projet social qui demande une mobilisation et une implication particulière de tous les acteurs et les intervenants, que se soit public ou privé, contre tous les problèmes sociaux.
La formation est actuellement primordiale pour accompagner l’évolution, le changement au niveau international et le développement national et rester à jour vis-à-vis de cette mutation. C’est pour cette raison que je profite des cycles de formation organisés par toutes les entités surtout  l’AFEM et la CGEM dont je suis membre.

Vous êtes également membre du Conseil régional Tanger Tétouan Al Hoceima au sein duquel vous avez démarré une nouvelle expérience politique. Quel est votre sentiment en vivant de très près la vie et la gestion politique des affaires de la région ?

Tout à fait, c’est une nouvelle expérience pour moi, ce que je peux dire après 6 mois de mandat c’est qu’il existe une dynamique spéciale au niveau de conseil régional (le bureau et les commissions) avec une vision stratégique précise et détaillée, la preuve il y a eu 54 projets et conventions qui ont été approuvés lors de la session ordinaire du mois Mars.
Vivre de près la gestion politique des affaires de la région, qui est une action essentielle du développement économique et social, est sans nul doute un plus pour moi.

Quelle est la plus importante valeur ajoutée que l’action politique a donné à votre parcours?

L’action politique nous permet d’étaler une vision globale et totale sur toutes les problématiques sociales vécues dans la région, de penser aux solutions et surtout d’avoir une vision cohérente capable de proposer des alternatives au lieu de se fixer ou de se limiter à un problème concret…

Comment Fatima Zahrae El Bakkali gère sa vie personnelle en famille, durant les temps de loisirs, etc. En dehors des réunions officielles et des séminaires et formations, de quoi sont faits vos moments de bien-être?

Je suis Maman de 3 enfants qui ont quitté le pays pour étudier et travailler. Maintenant,  j’ai plus de temps pour pratiquer le sport, surtout le footing. Pour moi, c’est mon meilleur moment, ça me rend heureuse et me remonte le moral. C’est un moment où on laisse le soucis derrière et pendant lequel on pense à soi, ça reste mon seul refuge et un hyper stimulant.

Propos recueillis par Abdeslam REDDAM