« Épris d’art depuis toujours, j’ai commencé à m’exprimer avec le graff’ et le street art. Après un bac en arts appliqués, je me suis orienté vers l’enseignement afin de continuer à travailler sur mes projets artistiques tout en transmettant ma passion. D’origine de Tanger, c’est dans ma ville que j’ai souhaité continuer à travailler et à œuvrer à la promotion artistique. C’est en travaillant davantage en atelier que j’ai commencé à expérimenter le pop art. Aujourd’hui, ces disciplines me garantissent une vraie liberté créative et l’exploration de différents supports: le mur, la toile et le digital… Mon univers est imprégné de Tanger, notamment les quartiers de la médina, l’architecture espagnole, l’animation du Grand Socco… », dixit Mouad Aboulhana dans son interview accordée au magazine Famille actuelle – octobre 2021.
Pourquoi on évoque aujourd’hui les déclarations de ce grand artiste Tangérois? Car l’interdiction affligée à un autre artiste français, qui voulait donner des couleurs à la façade du café Cherifa, passage obligé de tous les touristes et visiteurs de l’ancienne Médina de Tanger et sa Casbah, nous a fait rappeler la même interdiction qui avait stupéfait Mouad Aboulhana et tous les habitants de Tanger, quand il avait réalisé plus de 50% de son projet de rendre éternel le visage de la photographe Leila Alaoui.
« Il s’agit de ma première expérience sur un format de ce type. C’était un véritable challenge, au vu de la hauteur de 21 mètres, ainsi que la représentation en miroir du portrait de Leila Alaoui. C’était un marathon de 3 semaines qui a été terriblement fatigant mais aujourd’hui je suis fier d’avoir pu représenter une femme dans nos rues et d’avoir rendu hommage à Leila Alaoui, qui m’a toujours beaucoup inspiré »…
Aujourd’hui, tout le monde adore passer devant cette façade du Technopark de Tanger et admirer ce chef-d’œuvre de Mouad Aboulhana. Pourtant, ce projet allait subir la censure pour des raisons indéterminées et toujours incompréhensibles.
Durant ce temps, c’est l’ancien Wali de Tanger M. Mohamed M’hidia qui a débloqué cette situation et permis que ce joli portrait fasse aujourd’hui partie du patrimoine artistique de la ville.
Cependant, 5 ans plus tard, un projet artistique similaire vient d’être encore interdit par les autorités responsables.
Pour quelles raisons? Espérons que cela nécessite juste le dépôt d’une note d’information ou la demande d’une autorisation auprès de l’administration territoriale donnant automatiquement droit à la réalisation de cette fresque murale.
Décider autrement serait annuler l’autorisation de l’ancien Wali et ce serait un acte injustifiable.
Refuser serait aussi inexcusable et inadmissible car le même artiste français a déjà signé plusieurs fresques murales dans d’autres villes marocaines.
A. REDDAM


























