La Zone industrielle de M’ghogha avale des budgets colossaux mais certains de ses usines continuent de polluer Oued Mghogha et la plage de Tanger.

Quand on se rend à la zone industrielle de Mghogha et on passe dans ses allées, on note vite que les opérations visant sa modernité ne sont pas toutes un exploit à prendre comme bon exemple de réussite. La preuve, jusqu’à maintenant, certaines de ses usines sont loin d’être amies de l’environnement. L’état de Oued Mghogha en est la preuve.
Début mars 2021, la zone industrielle M’ghogha avait communiqué sur un projet de rajeunissement de ses infrastructures. Un projet qui s’inscrit dans la continuité de son plan de rénovation, visant l’achèvement de la réhabilitation et de l’équipement de ses espaces. Grâce à différents partenaires, dont l’APDN, une enveloppe budgétaire globale de 10 millions de dirhams.
Et c’est l’agence du Nord, endossant le rôle de maître d’ouvrage, qui s’était chargé des appels d’offre ou encore de la réalisation de toutes les phases des travaux, dans le cadre d’un comité de suivi mis en place.
Dans le détail, ce nouveau projet prévoyait l’achèvement des travaux de réhabilitation de la zone industrielle à travers le renforcement de la voirie à l’intérieur de son périmètre, l’aménagement paysager de la zone, ainsi que de la signalisation horizontale et verticale et l’installation de l’éclairage public sur les voiries de l’ensemble du site.
Par ailleurs et dans l’objectif de créer une zone industrielle verte et durable à Mghogha, Ammar chammaa, l’actuel président de L’Association de la Zone Industrielle de Tanger (AZIT) a participé, le Mardi 27 mai 2025, à Rabat, à la cérémonie de signature des conventions de partenariat relatives aux projets retenus dans le cadre de la 2ᵉ édition du Fonds des Zones Industrielles Durables (FONZID), en présence de Ryad Mezzour, Ministre de l’Industrie et du Commerce.
Grâce à cette convention, la zone industrielle de Mghogha bénéficiera d’une subvention stratégique qui lui permettra d’amorcer sa transformation vers un modèle de zone verte, inclusive et résiliente.
Lancée par le ministère de l’Industrie et du Commerce, cette nouvelle édition du FONZID prolonge la dynamique initiée dans le cadre de la première édition, mise en œuvre en partenariat avec l’Agence MCA-Morocco dans le cadre du programme de coopération «Compact II», conclu entre le gouvernement du Royaume du Maroc et le gouvernement des États-Unis, représenté par le Millennium Challenge Corporation (MCC).

Un soutien ciblé à des projets de création, d’extension et de réhabilitation

Le FONZID II vise à renforcer l’offre en foncier industriel de qualité à travers des opérations de création, d’extension et de réhabilitation de zones industrielles selon des critères durables, inclusifs et compétitifs.
Le FONZID II est doté d’une enveloppe globale de 150 millions de dirhams. Les projets de création ou d’extension peuvent bénéficier d’une subvention couvrant jusqu’à 50 % du coût total, avec un plafond fixé à 30 millions de dirhams. Les projets de réhabilitation peuvent quant à eux recevoir une subvention équivalente jusqu’à un maximum de 20 millions de dirhams.
Ainsi, à travers les décennies et les comités, les conventions se répètent et se renouvellent, mais la zone de la route de Tétouan continue d’être un grand problème écologique et environnemental à Tanger.
Le temps n’est-il pas venu pour que cette zone industrielle soit délocalisée vers un autre site pour que la ville, ses pieds et sa plage respirent mieux?
A.R.