L’affaire du jeune Bilal Halhoul, souffrant d’un cancer et hospitalisé à l’hôpital Duc de Tovar, a de nouveau rappelé ces graves problèmes dont souffre le centre régional de la transfusion sanguine à Tanger.
Atteint également du COVID-19, depuis son hospitalisation au Duc de Tovar, Bilal a besoin de plusieurs dizaines de plaquettes sanguines par jour.
Bilal a un groupe sanguin O+ et il lui est possible d’en avoir en quantité grâce à l’action citoyenne très encourageante lancée suite aux demandes postées sur les réseaux sociaux.
En effet, de nombreuses personnes se présentent chaque jour au centre de transfusion sanguine de Tanger pour un don de sang visant à sauver la vie de ce jeune malade.
Sauf que selon plusieurs témoins, le centre local de transfusion refuse d’accueillir plus de 50 personnes par jour, alors que Bilal a besoin de beaucoup plus de 50 plaquettes sanguines.
Face à refus, regrettable et incompréhensible, la famille de Bilal est obligée de voyager jusqu’à Rabat pour lui en procurer.
Aujourd’hui, cette situation est devenue insupportable. Si rien n’est fait pour que la gestion au sein du centre de transfusion sanguine de Tanger change et s’améliore, Bilal pourrait perdre la vie, comme cela a été le cas pour d’autres malades victimes de cette même très mauvaise gestion.
Tout récemment, un sit-in de protestation a été tenu devant ce centre. Les personnes qui y ont participé trouvent illogique et même inhumain qu’un établissement d’une si grande importance soit si mal géré. “On ne comprend pas pour quelle raison les responsables de ce centre ne démarrent leur travail qu’à partir de 10 heures du matin et ferment à 13 heures. Ni non plus pourquoi le centre n’est pas ouvert même le week-end…”, se demandent les protestataires.
Oui, un centre de transfusion sanguine doit être ouvert toute la journée et même assurer des permanences les soirs et durant la fin de la semaine. Quand des citoyens s’y dirigent c’est pour une urgence et pour sauver une vie, donc comment faire quand le centre est fermé ?
En mars dernier, dans une déclaration à la MAP, le directeur de ce centre régional avait déclaré que “la préfecture de Tanger-Assliah a besoin de 70 donneurs de sang par jour pour que le stock de sang puisse répondre aux besoins des établissements hospitaliers qui s’y trouvent”.
Et d’ajouter que “les centres de transfusion sanguine suivent des règles et protocoles préventifs selon lesquels il est nécessaire d’avoir un stock correspondant au besoin d’au moins une semaine, soit 350 poches de sang comprenant l’ensemble des groupes sanguins”, faisant savoir que “recevoir plusieurs donneurs permet non seulement de constituer le stock mais également d’avoir les groupes sanguins rares”.
Actuellement, selon plusieurs témoins, la direction de ce même centre refuse d’accueillir plus de 50 personnes parmi qui veulent à tout prix sauver la vie du jeune Bilal.
Au fait, ce centre est trop petit pour servir en qualité et en quantité une ville de la taille de Tanger. C’est cela le vrai problème, en plus des horaires d’ouverture qui sont certes inconcevables.
Le ministère de la santé publique, la Wilaya et ses partenaires bailleurs de fonds comme l’agence de développement des provinces du Nord (ADPN) ont l’obligation de penser à investir dans un tel secteur qui est crucial.
Si c’est déjà le cas et que le CHU abriterait un nouveau centre de transfusion sanguine, qu’ils accélèrent en urgence sa mise en fonction. Sinon, qu’ils en construisent un autre répondant aux vrais besoins de la ville et de sa région.
A rappeler qu’un nouveau-né avait aussi perdu la vie à cause de la même situation.
Horribilis !
A. REDDAM