Rebelote! On détruit encore les petites tombes des pauvres chiens et chats qui y reposent depuis des décennies. C’est scandaleux.
A la Dépêche, on a tellement écrit cet appel que nous sommes sûrs que tout le monde l’a déjà lu. Même le Wali Mohamed Mhidia. Maintenant, voyons ce qui serait décider et prions que le bon sens le remporte sur l’insouciance.
Au nom des chiens et de tous les animaux existant à Tanger et sur cette terre, nous prions et supplions les autorités de cette ville de réagir pour protéger définitivement le cimetière des animaux sis au quartier Boubana.
Selon les dernières informations, qui circulent fortement depuis plusieurs années, il s’agit d’un promoteur qui veut à tout prix mettre la main sur ce terrain pour y construire des villas.
Toute la société civile locale et les étrangers vivant à Tanger dénoncent cette énième tentative visant à effacer définitivement ce patrimoine historique de la ville. A partir de quelle loi et quelle logique on ose permettre cette nouvelle catastrophe? Peu importe, car ce qui blesse le plus c’est cette insouciance des autorités responsables qui ont pris l’habitude de tourner à chaque fois le dos aux crimes commis au nom de la promotion immobilière.
En effet, comment peut-on autoriser ce crime contre l’histoire de Tanger et faire comme si rien ne se passe?
Le cimetière des animaux de Boubana fait partie de ces endroits qui témoignent du passé intrinsèque à la ville internationale.
Ainsi, l’instigatrice du cimetière aurait été une diplomate britannique qui a décidé d’acheter -avec l’aide d’autres familles- un terrain et de construire un centre de soins pour les animaux domestiques. Cependant, le cimetière, n’a vu le jour que durant les années 1950, lorsque le célèbre décorateur d’intérieur David Herbert a décidé de lancer une initiative tout à fait unique.
Ce site deviendra un hôpital où les animaux malades étaient hébergés, traités et enterrés après leur mort. La plus vieille pierre tombale est là depuis 1943, c’est-à-dire bien avant l’indépendance du Maroc. Depuis lors, des chats, des chiens et de nombreux autres animaux ont été enterrés à Boubana.
L’importance et la notoriété de Boubana ont été rapporté par plusieurs écrivains d’ici et d’ailleurs, dont Paul Bowles.
A. Reddam
(Crédit photos: Ihsane Touzani)

























