A l’exception de la rue de Belgique et la place de France, à Tanger il n’existe que très peu d’espaces où les arbres d’ombre dominent véritablement.
A Tanger les nouveaux quartiers poussent comme des champignons. Mais il manque quelque chose d’essentiel et qui ne coûte presque rien à entretenir une fois planté: l’ombre.
Aujourd’hui, marcher en plein mois de juillet sur la corniche, sur l’avenue Mohammed VI, ou même dans certains quartiers comme Béni Makada, Souani, Casabarata et ailleurs, relève du parcours du combattant. Le soleil tape, le bitume renvoie la chaleur, et les bancs publics, quand ils existent, sont inutilisables l’après-midi.
Pour toutes ces raisons, il est temps de lancer un vrai programme d’un million d’arbres d’ombre à Tanger. Ce n’est ni fou, ni impossible, aujourd’hui c’est un besoin.
Pourquoi maintenant?
Parce que la chaleur devient un problème
de santé publique
Le réchauffement frappe fort dans le nord. Les étés à Tanger dépassent déjà les 35°C et les vagues de chaleur durent plus longtemps.
Un arbre d’ombre mature peut faire baisser la température locale de 3 à 5°C. Sous un figuier, un jacaranda ou un mûrier, la différence se sent immédiatement.
Planter un million d’arbres, c’est créer des îlots de fraîcheur naturels. C’est protéger les enfants qui vont à l’école à pied, les personnes âgées, les vendeurs ambulants, les chauffeurs de taxi qui attendent.
Où les planter?
Partout où les gens vivent et circulent
L’idée n’est pas de faire un grand parc et de s’arrêter là. Le million doit être réparti intelligemment.
Dans tous les quartiers
Beni Makada, Souani, Dradeb, Mesnana, Aouama, Boukhalef… Chaque ruelle du centre-ville, chaque école, chaque centre de santé doit avoir son alignement d’arbres. Un arbre devant chaque maison, c’est possible. Ça donne de la valeur au quartier et de la fierté aux habitants.
Sur les grandes routes et pénétrantes
Avenue Mohammed VI, boulevard Mohammed V, boulevard Moulay Youssef, Sidi Mohammed Ben Abdellah, Youssef Inn Tachefine, la route de Rabat, la route de Tétouan, le long de la corniche. Les terre-pleins centraux et les trottoirs larges sont parfaits pour des doubles alignements de ficus ou de tipuanas. Résultat: des couloirs verts qui protègent du soleil et du bruit.
Sur la corniche et les berges
La corniche est la carte postale de Tanger. Imaginez-la avec des rangées de tamaris et de pins parasols qui donnent de l’ombre sans bloquer la vue sur la mer. Les familles pourraient rester jusqu’au coucher du soleil sans chercher désespérément un parasol.
Autour des équipements publics
Gares, hôpitaux, stades, marchés, parkings. Là où les gens attendent, il faut de l’ombre. C’est du respect.
Quels arbres pour Tanger ?
Pas n’importe lesquels. Il faut des espèces qui résistent au vent, au sel, et qui demandent peu d’eau une fois enracinées.
Jacaranda pour la couleur, Mûrier platane pour l’ombre dense, Caroubier et Olivier pour la résistance, Tamaris pour la corniche, Ficus pour les grandes avenues. Et surtout mélanger. La monoculture attire les maladies. Un million d’arbres, c’est aussi un million de chances pour la biodiversité. Les oiseaux reviendront.
Au-delà de l’ombre, il y a les autres bénéfices
Un programme d’un million d’arbres, ce n’est pas que du confort.
Chaque arbre capte du CO2. Un million d’arbres, c’est des milliers de tonnes en moins.
Les arbres retiennent l’eau de pluie et limitent les inondations en hiver dans les points bas.
Une rue verte apaise. Les études le prouvent.
Et puis c’est aussi une possibilité de créer des emplois verts (pépinières, plantation, entretien). On peut créer des emplois verts pour les jeunes de chaque quartier.
Ainsi, Tanger deviendrait la première « ville-forêt » du Maroc. Un vrai argument touristique et d’attractivité.
Comment le faire?
Oui il faut beaucoup de temps et d’argent pour planter un million d’arbres. Cela nécessite un plan Plan sur 5 ans avec la plantation de 200.000 arbres par an.
Ce programme nécessite également un partenariat entre les institutions locales et régionales, les départements ministériels responsables, les institutions bailleurs de fonds, les grandes entreprises, les écoles, les associations et les citoyens (création des comités de quartier pour l’entretien).
Chaque entreprise adopte une rue. Chaque école plante sa cour.
Parce qu’un arbre ça ne vit que si on ne le casse pas, si on ne jette pas de déchets à son pied.
Finalité: Un héritage pour 2050?
Dans 10 ans, les enfants qui plantent aujourd’hui marcheront sous l’ombre qu’ils auront créée.
Un million d’arbres, c’est ambitieux. Mais Tanger a déjà relevé des défis plus grands: le port, le TGV, la zone franche.
Le plus grand luxe à Tanger demain ne sera pas une nouvelle tour. Ce sera un banc à l’ombre à 15h en août. Alors plantons pour nous, pour nos enfants, pour Tanger.
Pa Abdeslam Reddam

























