Lorsque l’architecture est envisagée comme un outil de lecture de la ville, elle dépasse la simple production du bâti pour devenir un moyen de comprendre les territoires, leurs dynamiques et leur mémoire. C’est dans cette approche que s’inscrit le parcours de l’architecte marocaine Hanae Bekkari, dont la pratique associe conception architecturale, réflexion urbaine et valorisation du patrimoine.

Rabat: les fondements d’une vocation

Née à Rabat le 16 janvier 1965, Hanae Bekkari manifeste très tôt un intérêt pour la ville, son organisation et l’influence de l’environnement construit sur la vie quotidienne.
Diplômée de l’École Nationale d’Architecture de Rabat, elle développe une démarche fondée sur l’observation des lieux, la compréhension de leur histoire et l’attention portée à leurs dimensions sociales et culturelles.

Tanger: un territoire d’expression

En 1994, elle fonde son atelier d’architecture à Tanger, ville dont la richesse historique et l’ouverture sur le monde constituent un terrain d’expérimentation privilégié.
Son activité couvre aussi bien les projets résidentiels que les équipements publics, les établissements scolaires, les espaces collectifs et les opérations de restauration et de réhabilitation du patrimoine. Chacun de ses projets cherche à inscrire l’architecture dans son contexte, en conciliant qualité des espaces, respect de l’identité des lieux et attentes des usagers.

Une conception humaniste de l’architecture

Pour Hanae Bekkari, l’architecture ne se limite pas à la construction: elle participe à la fabrication de la ville et à l’expression de son identité culturelle.
Elle résume ainsi sa démarche:
«La ville est un espace d’interaction sociale et d’identité, et l’architecture en est l’une des expressions les plus fidèles.»
Cette vision se traduit par une recherche constante d’équilibre entre innovation et héritage, entre exigences techniques, qualité architecturale et dimension humaine.

Plus de trente années d’engagement

Depuis plus de trois décennies, Hanae Bekkari développe une pratique où l’architecture est pensée comme un facteur de cohésion sociale et de valorisation du territoire.
Ses réalisations témoignent d’une volonté de créer des espaces durables, capables d’accompagner les usages, de favoriser les échanges et de renforcer le lien entre les habitants et leur environnement.
Elle a également contribué à la promotion de la jeune création architecturale marocaine en participant aux jurys des Young Moroccan Architecture Awards (YMAA).

Construire la mémoire, préparer l’avenir

À travers son parcours, Hanae Bekkari défend une architecture attentive au contexte, à la mémoire et aux usages. Les bâtiments et les espaces publics sont, dans sa vision, les supports d’une histoire collective et les cadres d’une vie quotidienne en constante évolution.
Son travail illustre la conviction que l’architecture est avant tout une discipline culturelle, au service de la société, capable de relier le patrimoine, les besoins du présent et les perspectives d’avenir.
(Source: ttps://www.magfarah.com/34380/)

Par Alaa El Bakri