30.000 chiens cohabitent avec nous à Tanger. Certes que “chien qui aboie ne mord pas », mais quand ils se mettent tous à aboyer le soir, la symphonie est cauchemardesque.
La communauté des chiens errants est devenue un grave problème qu’il faut définitivement résoudre.
Et pour le faire, les autorités locales s’apprêtent à lancer une opération contre ce phénomène qui a envahi tous les quartiers de la ville.
Il s’agit en effet d’environ 30.000 chiens qui ont pratiquement prisent otage toutes les zones de la ville, sans exception.
L’absence d’une auberge pouvant accueillir ces animaux et les prendre en charge, médicalement, a toujours posé un grave problème concernant la gestion quotidienne de cette « communauté » qui s’est vite imposée en ville représentant son autre « population ».
Mais le pire face à cette situation est la riposte des autorités qui faisaient très souvent recours à des méthodes barbares et sauvages en abattant ces pauvres chiens.
En effet, même s’ils deviennent dangereux, les abattre sauvagement n’est pas la solution.
Le dossier des chiens errants avait besoin de l’établissement d’un partenariat public-privé regroupant les autorités locales et des associations spécialisées dans ce domaine.
Salima Kadaoui en sait beaucoup sur ce projet puisqu’elle a en discuté les détails depuis assez longtemps, sans qu’il ne soit réalisé. C’était durant l’ère de l’ancien bureau communal géré par le PJD. Et c’est aussi durant cette même époque que de nombreux chiens errants avaient été abattus, tard la nuit, dans les rues de Tanger.
Aujourd’hui, la Wilaya et les quatre arrondissements en partenariat avec différents intervenants relance le projet de l’hébergement des chiens errants dans une réserve de 4 hectares, située à Beni Makada, dans le but de les vacciner contre la rage et les doter de puces permettant de les contrôler périodiquement.
Par ces techniques, ces animaux seront épargnés des exécutions massives par balles ou par poison. Mais est-ce que la vaccination et le contrôle par puce suffiront pour diminuer leur nombre une fois relâchés?
Bien au contraire. Il reste le problème de leur prolifération assez rapide et pour la stopper et même constater la diminution des chiens dans les rues de Tanger, la solution finale est le recours à la stérilisation mettant fin à la reproduction.
Pour réussir ce projet, les autorités apporteront un financement de 5 MDH, budget assuré par le ministère de l’intérieur qui est à l’origine de cette campagne à Tanger et dans d’autres villes du Maroc.
Ce projet est le fruit d’une convention signée en 2019 par le ministère de l’intérieur, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires du Maroc (OVM).
Un accord dont l’application a été retardée à cause de la pandémie du Coronavirus mais aussi de contraintes financières.
Un total de 2000 vétérinaires privés et agents de l’ONSSA prendront part à cette opération sur le plan national. Dans les villes qui ne possèdent pas de refuge, les vétérinaires accueilleront les chiens dans leurs cabinets pour les vacciner et les stériliser et ses animaux seront relâchés au même endroit de leur capture de manière à ce que chaque groupe retrouve son quartier.
C’est ce que souligne le programme de ce projet national. Mais qu’en serait-il concernant les cas de Rabat et de Tanger qui sont les deux seules villes à posséder un refuge? Les chiens seront-ils relâchés également ou continueront-ils à vivre dans leur refuge?
Tout indique qu’ils seront relâchés et donc on aura résolu le problème du danger sur la santé et la sécurité des citoyens, mais pas celui de la nuisance des aboiements intempestifs.
























