Les piscines s’ouvrent, mais les regards se ferment.
En ce mois de juillet caniculaire, les scènes se répètent: femmes en djellabas ou en pantalons pyjamas tentent de se rafraîchir, discrètement, dans des bassins publics où le maillot de bain “réglementaire” devient plus un outil d’exclusion que d’hygiène.
Le burkini, lui, provoque encore des vagues – pas dans l’eau, mais dans les débats.
Et si on s’interrogeait vraiment ? Pas sur les tissus, mais sur les barrières invisibles qu’on continue d’ériger entre les genres, les classes, les traditions et les modernités mal assumées.
Le sport: miroir de nos incohérences
À l’heure où le Maroc prépare la Coupe du Monde 2030, que fait-on pour favoriser le sport comme vecteur d’intégration sociale ?
La plupart des femmes de quartiers populaires n’ont ni infrastructures accessibles, ni liberté de mouvement, ni cadre social favorable pour nager, courir ou même marcher dignement.
Et pourtant, le sport est une opportunité économique colossale. Il génère de l’emploi, du tourisme, des vocations, de la fierté nationale.
Mais sans inclusion féminine et sociale, il ne sera qu’un miroir aux alouettes.
Juillet vide: un signal d’alarme pour le tourisme
Tandis que certains pays bouillonnent de visiteurs, nos villes touristiques peinent à faire le plein en mi-juillet.
Où sont les touristes? Pourquoi les hôtels affichent-ils des taux d’occupation faibles en pleine haute saison?
Parce que le tourisme durable ne peut plus être une option. Il est un impératif stratégique.
Cela suppose une vraie réflexion sur l’accueil, l’offre culturelle, l’hygiène, la sécurité… mais aussi sur l’hospitalité sociale, celle qui permet à chacun, citoyen ou visiteur, de se sentir respecté, libre et accueilli dans sa diversité.
NahNous: entre hypocrisies collectives et potentiels inexploités
Ce n’est pas le burkini le problème. Ni la djellaba.
C’est notre regard. Notre gestion. Notre modèle de société.
Tant que les femmes ne pourront pas se baigner sans honte, tant que le sport sera réservé à une élite masculine, tant que nos villes seront vides en juillet, nous passerons à côté de notre véritable richesse : NahNous – Nous tous.























