Après la décision du gouvernement français de réduire le quota des visas Schengen accordé aux Marocains, le secteur économique du royaume s’est retrouvé face à un grand problème. Le nombre des opérateurs économiques, des industriels, entre autres, à voir leurs visas refusés, n’a cessé d’augmenter. Parmi les autres victimes de cette décision française, les chauffeurs du transport TIR qui ont besoin d’un visa Schengen leur permettant de voyager à travers les pays européens transportant les marchandises que le Maroc exporte vers ces pays.
Après plusieurs interventions auprès des autorités françaises responsables, de l’ambassade de France à Rabat notamment, aucune solution “définitive” n’a été décidée pour mettre fin à ce problème.
“J’ai toujours obtenu un visa Schengen long séjour auprès du Consulat de France de Tanger, sans aucun problème. Mais cette année, ma demande a été refusée pour “non présentation d’un billet de voyage”. C’est quand même incompréhensible comme décision sachant que les frontières sont fermées”, indique Abdellah A., professeur universitaire.
Le cas de cet universitaire n’est pas isolé. Plusieurs autres cadres, entrepreneurs et opérateurs de professions libérales, qui obtenaient facilement leurs visas Schengen auprès du Consulat français de Tanger ont vu leurs demandes rejetées pour des alibis sans fondement.

Les opérateurs devaient trouver une alternative plus efficace et efficiente.
A Tanger, industriels et transporteurs ont constitué une délégation porte-parole pour aller demander la bonne solution auprès du Consulat espagnol de la ville.
La délégation regroupant des membres de la CGEM Nord y a dailleurs trouvé le bon interlocuteur. Le Consulat espagnol de Tanger a accepté d’étudier les dossiers des demandes des visas et de répondre favorablement tant qu’ils ne manquent d’aucun document nécessaire pour l’obtention d’un visa.
L’intervention, très positive, du Consulat d’Espagne à Tanger a ainsi permis à la fois aux industriels et aux transporteurs du secteur TIR d’obtenir des réponses rapides et l’octroi des visas aux professionnels qui en avaient besoin. Elle a surtout permis à un processus d’exportation des marchandises et produits marocains vers l’Espagne et les autres pays de l’Europe de ne pas s’arrêter et de retrouver sa cadence normale.

Les efforts établis par le consulat espagnol de Tanger pour autoriser des visas durant cette période de pandémie, caractérisée par la fermeture des frontières, ne se limitent pas uniquement au secteur du transport TIR. Le Consulat, sis à l’avenue Habib Bourghiba, prépare officiellement quelques 13.000 visas spéciaux pour les saisonnières marocaines travaillant dans les champs agricoles andalouse de Huelva.
Ces Marocaines se déplacent annuellement dans cette province andalouse pour récolter la fraise, entre autres produits agricoles. L’opération est organisée par les associations professionnelles espagnoles en concertation avec l’ANAPEC et le gros du travail (les visas) est assuré par les responsables du Consulat d’Espagne à Tanger.
Un énorme travail bien accompli et qui n’a pas été ni réduit ni ajourné à cause de la crise diplomatique et les malentendus existant actuellement entre Rabat et Madrid.