Empruntant à notre cher chroniqueur Oussama Ouassini sa sympathique signature « L’homme qui murmure aux oreilles des hommes d’État », et allons, nous aussi, chuchoter quelques observations à l’oreille du Wali Younès Tazi.
L’objectif de ces petites réflexions est de profiter de cet énorme chantier ouvert à Tanger pour réparer quelques erreurs fatales que supporte, malgré elle, la ville, ainsi que ses habitants.
Des erreurs commises il y a quelques années déjà, par simple bêtise, ou par pure incompétence, et ce projet de réaménagement, qui touche toute la ville, représente désormais une grande opportunité de les corriger.

Bab Bouarakia, l’obstacle qui dérange tout le monde

Il y a plusieurs années, dans le cadre de l’élargissement de la route reliant la place du 9 avril à l’avenue Hassan II, longeant le vieux cimetière de Bouarakia, l’autorité responsable a eu l’idée de garder cette porte comme vestige au milieu de cette chaussée. Ainsi, la simple porte donnant jadis accès au cimetière abandonné s’est convertie, du jour au lendemain, en un monument qui n’existe, néanmoins, sur aucune liste du patrimoine historique national classé. Même une partie des gens vivant à Tanger ou de passage dans la ville sont persuadés que cet arc, qui n’est ni beau ni valeureux (et encore moins de triomphe!) dérange énormément la circulation et il n’existe aucune raison historique, sentimentale ou même psychologique (puisqu’il s’agit d’une porte de cimetière) pour la garder au centre de cette chaussée déjà étroite.
Notre avis: il serait préférable de raser ce « Bab » qui ne sert absolument à rien et n’ajoute aucune valeur à cet espace.
Les cimetières de Sidi Bouabid et Bouarakia

Ces deux cimetières sont victimes d’assauts des délinquants et autres vagabonds qui saccagent les tombes et salissent tout l’espace sans aucun respect aux morts et à leurs familles.
La souffrance des vieux cimetières de Tanger est très profonde, dans la mesure qu’aucune décision des autorités locales n’a pu l’arrêter définitivement en protégeant ces lieux, pourtant sacrés.
Aujourd’hui, c’est le moment idéal pour un réaménagement total de ces deux cimetières abandonnés, qui ont aussi besoin d’une opération coups de poing pour les débarrasser des nombreux délinquants qui en ont fait leur quartier général.
Situés si près du grand socco, zone touristique qui accueille chaque jour des dizaines de touristes, il est clair que ces deux cimetières représentent actuellement un danger potentiel qu’il faudra anéantir rapidement.
Notre avis: inclure le réaménagement de ces deux cimetières dans l’actuel programme et y assurer la sécurité.

Faire des rues piétonnes et des places un espace où les gens diront « wawww »

En attendant que le voile soit levé sur la place des nations et de découvrir son nouveau look, on garde la main sur le cœur. En effet, les places de Tanger (nations, grand socco, petit socco, Sour Maagazine et son jardin, et bien sûr la place de France et sa fontaine) sont des symboles de la ville. Ses vitrines et les espaces où l’on peut juger le niveau de sa modernité et de son développement urbain.
C’est le même cas pour les rues piétonnes, celle de Velasquez en l’occurrence et les autres à côté, dont celle reliant la rue du Mexique et le boulevard Pasteur. On parle d’espaces où il serait impardonnable de commettre encore des fatalités. De ne pas faire très joli, tout simplement. Investir un peu plus dans l’esthétique visuelle permettra aux gens de sentir un bonheur spécial quand ils sortent et les incitera aussi à respecter et à protéger ces jolis espaces.
Notre avis: investir dans ces zones créera des espaces de bonheur et de bien-être.

Quelles couleurs redonneront à Tanger son charme d’antan?
L’idéal est de jouer avec les couleurs dans la peinture des façades des bâtiments du centre-ville. Naturellement, la densité de la lumière à Tanger est très forte, et c’est d’ailleurs le point qui a tellement séduit les artistes peintres étrangers et les écrivains. Conséquence: avoir toutes les façades vêtues d’un blanc fort dans une ville très lumineuse risque de créer un effet contraire. D’où l’importance de casser cette forte densité de la couleur blanche en utilisant une ou deux autres couleurs différentes.
Notre avis: les façades des anciens immeubles de l’époque internationale porteront bien d’autres couleurs fines si on n’arrive pas à retrouver l’originale, la pierre en général.

Miser un peu plus sur la qualité des produits utilisés, car finalement cela reviendra moins cher que d’utiliser une simple chaux blanche qui va se salir avant même la fin de cette année.

Le décapeur de chewing-gum. Un investissement crucial que nécessite Tanger pour garder ses avenues propres. Cet appareil élimine, à l’aide d’un détergent végétal en phase vapeur, les chewing-gum nouveaux ou anciens sur une grande variété de surfaces. C’est l’outil parfait pour garder propres les sols, spécialement les trottoirs souffrant énormément de ce problème.
En France, l’appareil coûte en moyenne 4000 euros, un budget pas cher pour une ville de la taille de Tanger.
Les sociétés chargées du nettoyage et de la propreté de la ville doivent absolument avoir ces appareils parmi ses équipements. La commune doit également mentionner cet investissement dans les cahiers des charges.