Le premier rôle de l’éclairage public est de participer à la sécurité publique durant la nuit et d’assister les usagers dans leurs actions nocturnes.
L’éclairage public à Tanger souffre d’une mauvaise gestion lui causant une défaillance au niveau de son efficacité et de sa qualité.
Bien que le service de l’éclairage public soit indispensable pour la sécurité et pour l’amélioration de la qualité de vie des populations, la capitale du Nord du Royaume et second pôle économique, connaît des points lumineux mal entretenus avec une mauvaise répartition qui entrave ainsi son développement. Mais il y a pire!
Ces photos mettent bien en évidence la « démission » totale des départements responsables. Que ce soit dans les quartiers huppés de Tanger, les grandes avenues, ou encore les rues des quartiers périphériques, la situation est la même. Des centaines de poteaux d’éclairage public sont dans un état déplorable.
L’éclairage public est non seulement défaillant dans plusieurs quartiers de la ville, mais en plus cette infrastructure est devenue une grande menace qui met en danger la vie des citoyens, les enfants spécialement.
Il devient rare, en effet, de trouver un poteau électrique avec des files protégés ne présentant aucun danger d’électrocution.
De nombreux cas de pannes de l’éclairage public existent à Tanger. Même les principales avenues donnant sur les boulevards Pasteur et Mohamed V ne sont pas épargnées.
Le problème ne se limite pas aux quartiers du centre-ville. Sur l’avenue Zoubida Skirej, quartier résidentiel formé de plusieurs zones villas, où les bâtiments haut de gamme côtoient les services bas de gamme, le malaise est très présent. A Msallah, Dradeb, Marshane, etc., des rues s’enfoncent souvent dans l’obscurité durant de longues périodes et les poteaux avec des files non protégés y sont très nombreux.
Quand la ville n’accompagne pas le développement urbain en matière d’infrastructures, il faut s’attendre au désastre. Des voiries et des routes cassées, un éclairage public souvent défaillant et, pire, des caissons de moyenne tension constituent un piège mortel pour des victimes potentiels.
Aujourd’hui, la situation s’empire puisqu’il ne s’agit pas uniquement de poteaux de l’éclairage public, mais de plus en plus d’armoires de raccordement au réseau électrique qui ne sont pas sécurisés.
C’est le cas de ce caisson (voir photo) situé sur la corniche, juste en face du Macdo, abandonné depuis longtemps sans que la société chargée de ce secteur ne réagisse pour mettre fin à ce danger qui représente une terrible menace.
Malheureusement, à Tanger il existe partout des centaines de cas montrant l’inefficacité de la gestion urbaine.
Éclairage public, voiries, etc., l’infrastructure est entièrement abandonnée. Et ce n’est plus une surprise. Les sociétés délégataires sont responsables de cette situation alarmante.
Faut-il rappeler que la Commune de Tanger avait annoncé en janvier 2023 l’augmentation du budget réservé à l’éclairage public qui est passé de 34 millions à 45 millions de DH, soit une augmentation de 32% par rapport à l’année dernière. S’il y a augmentation, il y a certainement un projet visant à corriger toutes les défaillances existant actuellement dans ce réseau. Nonobstant, la société responsable continue de travailler avec le même rythme lent et presque désintéressé. Une position qui pousse la population locale à douter de l’efficience de cette entreprise.
En parallèle, rappelons aussi qu’une commission communale s’était réunie, en janvier 2022, avec des représentants de l’Observatoire pour la protection de l’environnement et des monuments historiques (OPEMH) pour examiner une pétition sur l’efficacité énergétique dans la gestion du service de l’éclairage public à Tanger.
Dans sa pétition, l’OPEMH avait appelé à mettre en œuvre la stratégie nationale d’efficacité énergétique, en adoptant ses fondements dans la gestion du service de l’éclairage public, soulignant la nécessité d’améliorer la performance de ce service, tout en assurant la mise en œuvre du plan directeur de l’éclairage public.
Outre ce volet, l’Observatoire s’était arrêté sur certains dysfonctionnements qui entachent la gestion de ce service…
Des réunions sont tenues, des accords sont signés, des budgets sont alloués… mais dans la pratique et sur le terrain, très peu de choses sont réalisées.
A. Reddam

























