La députée marocaine Aicha El Gourgi, membre du bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et secrétaire générale de cette formation politique, a été élue à la Commission pour l’égalité de l’Internationale socialiste.Ce comité, l’un des organes les plus importants de l’Internationale Socialiste en termes de gouvernance et de plaidoyer politique, est présidé conjointement par le président du gouvernement espagnol et secrétaire général du PSOE, Pedro Sánchez, et la présidente de l’Internationale Socialiste des Femmes, la dominicaine Janet Camilo.
L’élection d’Aïcha El Gourgi à ce comité représente une reconnaissance internationale de son parcours dans la défense des politiques d’égalité et des droits des femmes.
Avec cette désignation, la politicienne marocaine pourra apporter l’expérience accumulée au Royaume du Maroc;  contribuer, à partir de ce forum, à l’élaboration de propositions et à la promotion de stratégies pour parvenir à l’égalité des sexes au niveau mondial.
Prenant part à la Conférence de l’Internationale Socialiste pour les Femmes, tenue à Madrid, la députée marocaine du Parti de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), Aicha El Gourgi, a affirmé que les femmes de l’Union socialiste des forces populaires ont joué un rôle central pour permettre aux femmes d’exercer leurs droits politiques et économiques et d’accomplir leurs tâches effectives dans la société marocaine, tout en soulignant la nécessité d’avancer dans la promotion de l’égalité des sexes.
La députée a ainsi indiqué que «Le Parti de l’Union Socialiste des Forces Populaires a été un rempart dans la lutte pour les droits des femmes». Rappelant que le Parlement marocain compte aujourd’hui 95 femmes sur 395 députés, El Gourgi a expliqué  que «malgré notre satisfaction face à ces progrès, nous réalisons que le chemin vers l’égalité est toujours en cours et que chaque étape compte, nous sommes donc fiers de voir les progrès que nous construisons ensemble».


La parlementaire a estimé que «le féminisme, avec ses diverses tendances, est une lueur d’espoir pour l’égalité des sexes pour toute société». «Malheureusement, l’année 2024 est arrivée et nous sommes toujours confrontés à de grands défis, car il existe encore des déséquilibres profonds et systématiques qui affectent les femmes dans le monde entier, comme la violence, l’écart salarial et la sous-représentation aux postes de direction. Les femmes ne sont toujours pas suffisamment représentées dans les domaines politique, économique et scientifique, et ce ne sont là que quelques exemples” a-t-elle indiqué.
La responsable a ajouté que «d’un point de vue socialiste, nous devons lutter pour une société dans laquelle tous bénéficient des mêmes opportunités, quel que soit le sexe. La nécessité de l’égalité des salaires, de l’accès à l’éducation et de la participation active à la prise de décision par toutes les femmes et l’égalité des sexes ne sont pas seulement un objectif, mais une nécessité urgente pour construire un monde plus juste et plus inclusif».
Pour atteindre cet objectif, la députée socialiste a avancé 6 propositions, dont la première est «l’éducation intégrale, garantissant à toutes les filles et tous les garçons l’accès à une éducation de qualité, étant donné que l’éducation est la base de l’égalité des sexes et de l’autonomisation, avec la création d’un programme de mentorat novateur qui relie les jeunes femmes à d’éminents dirigeants internationaux dans divers domaines».
Aicha El Gourgi a expliqué que ce programme fournira non seulement une orientation professionnelle, mais renforcera également la création de réseaux et établira des relations solides entre les femmes de différentes générations, nationalités et cultures.
La deuxième proposition, selon elle, est «la participation politique, qui passe par le renforcement de la participation active des femmes à la politique et à la prise de décision, la fixation de quotas spécifiques et le soutien aux femmes dirigeantes dans tous les domaines, que ce soit dans le secteur privé ou public.
“En introduisant un système de certification qui reconnaît les entreprises et les institutions publiques qui démontrent des pratiques et des politiques efficaces en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, elle sera non seulement un catalyseur d’équité sur le lieu de travail, mais aussi (et c’est le troisième point) la certification de l’égalité entre les hommes et les femmes, tout en fournissant également aux utilisateurs des preuves pour soutenir les entreprises socialement responsables.
Le quatrième point, selon la même intervenante, est d’assurer «des récompenses et des salaires égaux, en appliquant des incitations financières aux entreprises qui font preuve de pratiques salariales équitables, ce qui encourage une rémunération juste et égale pour toutes les personnes, quel que soit leur sexe».
La parlementaire socialiste a par ailleurs souligné que «le cinquième point concerne l’accès de tous à l’éducation numérique», indiquant que «la lecture et l’écriture technologiques sont essentielles au XXIe siècle et qu’il faut créer des espaces complets d’innovation numérique pour les femmes, où l’apprentissage coopératif, l’expérimentation de nouvelles technologies et le développement de compétences numériques sont encouragés, ce qui propose des solutions technologiques aux défis sociaux, promouvant ainsi une participation active et morale dans le domaine numérique, où les programmeuses, designers et pionnières peuvent collaborer à la création de solutions numériques axées sur l’égalité des sexes.
Quant au sixième et dernier point, toujours selon El Gourji, est  «l’autonomisation économique, car les femmes doivent avoir des chances égales dans le secteur technologique». Rappelant l’importance de ce point, la députée a indiqué qu’il faut «encourager la participation des femmes à la programmation, à la cybersécurité et à l’innovation, avec une orientation numérique qui met en relation des femmes de différentes parties du monde avec des professionnelles féminines. Des femmes éminentes dans le domaine de la technologie».