Le port de Tanger a accueilli, depuis le 30 septembre, la frégate légère furtive française «Guépratte», aux côtés de la frégate de la Marine royale marocaine «Tarik Ben Ziyad». Cette escale constitue l’un des temps forts de l’exercice naval «Chebec 2026», qui illustre la profondeur de la coopération opérationnelle entre Rabat et Paris.

Le paysage maritime tangérois a pris, ces derniers jours, une tonalité particulière avec l’arrivée de la «Guépratte», frégate légère furtive de la Marine nationale française. Le bâtiment français a rejoint le port de Tanger dans le cadre de l’exercice «Chebec», rendez-vous annuel de la coopération navale franco-marocaine depuis 1994.
À ses côtés, la frégate marocaine «Tarik Ben Ziyad» participe à cette séquence qui intervient après plusieurs jours d’entraînement en Méditerranée. L’escale tangéroise marque ainsi une nouvelle phase d’un exercice destiné à renforcer l’interopérabilité des deux marines et leur capacité à agir ensemble dans un environnement maritime complexe.

Tanger, un passage qui ne doit rien au hasard
Le choix de Tanger pour cette escale revêt une dimension particulière. Située à la jonction de l’Atlantique et de la Méditerranée, à proximité immédiate du détroit de Gibraltar, la ville occupe une position stratégique pour les opérations maritimes et la surveillance des espaces de navigation.
Au-delà de la présence symbolique d’un bâtiment militaire français dans le port, cette escale permet aux deux marines de consolider leurs procédures communes, de partager leurs expériences et de préparer la suite des opérations. Elle intervient dans un contexte où la sécurité maritime en Méditerranée occidentale et dans le détroit constitue un enjeu majeur pour les pays riverains.
L’exercice «Chebec» a progressivement dépassé son cadre initial, centré sur la sécurité et la sûreté maritimes, pour intégrer un éventail plus large de scénarios et de domaines d’intervention. La coopération porte également sur la formation, l’hydrographie, l’océanographie et le soutien technique.

Une escale sous le signe de la coopération
La présence de la «Guépratte» à Tanger a également donné lieu à des rencontres entre responsables civils et militaires marocains et français. Une réception organisée à bord du bâtiment français a notamment réuni l’ambassadeur de France au Maroc, Philippe Lalliot, le commandant du navire, le capitaine de vaisseau Florian Edus, ainsi que plusieurs responsables marocains, dont le wali de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Younes Tazi.
Cette séquence diplomatique accompagne la dimension opérationnelle de l’exercice et rappelle que la coopération navale constitue l’un des volets structurants du partenariat franco-marocain dans le domaine de la défense.

Cap sur la mer d’Alboran
L’escale à Tanger ne constitue toutefois qu’une étape. Après leur passage dans le port, les deux bâtiments doivent reprendre la mer pour une patrouille opérationnelle conjointe en mer d’Alboran.
Cette phase permettra aux équipages marocains et français de mettre en pratique leurs procédures communes, de coordonner leurs moyens et de tester leur capacité à conduire des opérations conjointes dans un espace maritime partagé.
Pour Tanger, cette présence navale rappelle surtout la singularité de sa position géographique. Port tourné vers l’Europe, porte d’entrée de la Méditerranée et façade atlantique du Maroc, la ville se trouve au cœur d’un espace où se croisent flux commerciaux, routes maritimes, enjeux énergétiques, sécurité des approches et coopération internationale.
L’escale de la «Guépratte» dépasse ainsi le simple passage d’un bâtiment militaire. Elle illustre le rôle croissant de Tanger comme plateforme de dialogue, de coopération et d’échanges maritimes dans un détroit devenu l’un des espaces stratégiques majeurs de la Méditerranée occidentale.