A la F.S.J.E.S. de Rabat (Université Mohammed V), les étudiants de l’Institut Supérieur International du Tourisme de Tanger (ISITT) ont remporté le premier prix du concours universitaire -porteurs de projets «Hospitality Attractiveness Challenge 2026». Le deuxième prix est revenu à l’Université Chouaib Doukkali et le troisième à l’Université internationale de Casablanca. Le prix a été remis par la Ministre du tourisme en présence d’éminents acteurs du secteur, PDG des plus grandes chaînes, de la Confédération du Tourisme … isitien un jour, isitien pour toujours!
Ce n’est pas la première fois que les Isitiens remportent ce genre de prix et brillent au niveau national. A l’ISITT, relever les défis ne date pas d’aujourd’hui et n’est plus une coïncidence. Mais cela fait plus d’une année que des nouvelles de ce style sont devenues presque rares. A l’origine de ce petit recul en activités, évènements et communication au sein de l’ISITT, l’absence d’une direction possédant suffisamment de savoir-faire pour assumer pleinement ses responsabilités.
Depuis un an, ou plus, la situation à l’Institut supérieur international du tourisme de Tanger est de plus en plus tendue et c’est la section locale du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNES) qui a dénoncé, enfin, de profonds dysfonctionnements affectant les aspects administratifs et pédagogiques au sein de cet établissement. À cela s’ajoute l’absence de directeur et une rupture de la communication avec le ministère de tutelle.
Dans son communiqué, dont le journal La Dépêche a obtenu copie, le syndicat indique que l’établissement souffre d’un vide managérial, entraînant des difficultés de prise de décision et une baisse de l’efficacité de son fonctionnement quotidien. Cette situation est aggravée par la non-activation de plusieurs structures pédagogiques, de recherche et administratives. Le syndicat souligne que cette situation a un impact direct sur la qualité de l’enseignement, compte tenu de la faiblesse des ressources pédagogiques, du manque d’équipements et de la fragilité de l’infrastructure numérique.
La même représentation syndicale met également en lumière les difficultés persistantes de traitement des dossiers administratifs et financiers des professeurs, notamment les retards de versement de leurs salaires et l’impossibilité d’accéder aux documents nécessaires. Le syndicat a également souligné l’absence de structures de recherche scientifique, malgré l’existence d’un cadre juridique les encadrant, ainsi que la perte des financements alloués à l’établissement pour l’année 2024.
Il a appelé à un dialogue sérieux et responsable avec toutes les parties prenantes, à la nomination rapide d’un nouveau directeur et à la mise en œuvre des dispositions réglementaires, notamment le décret ministériel du 2 octobre 2023 relatif à l’organisation des structures d’enseignement et de recherche.
Sur un ton de plus en plus tendu, le syndicat a averti qu’il pourrait recourir à des formes de protestation, telles que le boycott des cours ou le déclenchement de grèves, si l’impasse actuelle persistait.
Confronté à l’impératif d’une intervention urgente pour sauver un établissement censé jouer un rôle central dans le développement des compétences du secteur touristique, le ministère responsable a finalement réagi en publiant sa décision de lancer un appel à candidature pour l’élection d’un nouveau directeur de l’ISITT pour les 4 prochaines années. Les candidats ont jusqu’au 11 mai pour déposer leurs dossiers de candidature.
A.R.