“Rappelle-toi que ton fils n’est pas ton fils, mais le fils de son temps”- Confucius (551 av. J.-C.- 479 av. J.-C),
Cette fin de septembre 2025 et dans plusieurs villes marocaines, un fait inédit s’est produit : des milliers de jeunes, issus de la Génération Z, sont descendus dans la rue. Ni partis politiques, ni syndicats, ni associations pour encadrer leurs manifestations : une mobilisation populaire pacifique, spontanée, inattendue, portée par une jeunesse qui refuse désormais d’être spectatrice.

Née dans les années 2000, en pleine révolution numérique, cette génération baigne dans la technologie depuis toujours et maîtrise très tôt les réseaux et les codes du numérique. Génération interconnectée, elle a grandi avec un smartphone dans la main. Elle est au cœur des débats et fait couler beaucoup d’encre dans les médias de différents pays du monde. Elle pense vite, agit vite, et se fait entendre. Ses mots d’ordre? Liberté, dignité, justice sociale. Ses cibles? La corruption, le clientélisme et l’indifférence des responsables face aux souffrances quotidiennes d’un peuple étouffé par la flambée des prix, la marginalisation et l’effondrement des services publics – privatisés ou menacés de privatisation!
Leur combat est clair: sauver et réhabiliter ce qui touche directement la vie des citoyens — santé, éducation, emploi, justice. Rien d’utopique, rien d’extravagant : des droits garantis par la Constitution et par les conventions internationales. Et pourtant, la réponse fut la répression avec violence, des arrestations et des interventions policières. Mauvais calcul.
Car cette génération ne veut pas casser. Elle veut bâtir. Elle ne cherche pas à renier ses valeurs sacrées de la Nation, mais à lui redonner souffle et crédibilité. Comme le dit le proverbe arabe : « À chaque époque ses hommes» (لكل زمان رجاله). Aujourd’hui, les hommes de cette époque, notre société moderne, sont la Gen Z. Qu’on le veuille ou non, c’est un fait. Le monde change, soyons à la page !
Face à ce tsunami citoyen qui a déferlé sur les boulevards et les rues de nos villes, le gouvernement n’a plus le choix de biaiser: une seule voie s’impose, celle du dialogue. Un vrai dialogue, franc et responsable et non des promesses comme à l’accoutumé! La répression? Une impasse. Le silence? Une erreur stratégique majeure. Les écouter serait un acte d’intelligence politique et admettre que le Maroc de demain ne peut se construire sans eux, sans cette jeunesse.
Finalement, la Génération Z n’est pas une menace, c’est une chance. Comment ? Une chance à condition qu’on accepte de l’entendre et de l’écouter attentivement. Car ces jeunes que l’on tente souvent de réduire au silence ne sont pas seulement ‘’les hommes de demain’’: ils sont déjà la force vive d’aujourd’hui.
Dr Ali GHOUDANE























