Par Ali Ghoudane
Face à une réforme des retraites jugée inquiétante, les retraités marocains se mobilisent pour défendre leurs droits. Vieillir dans la dignité n’est pas un privilège, mais un droit fondamental..

Le 15 septembre de chaque année, la communauté internationale célèbre la Journée internationale de la démocratie, proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2007. Cette journée vise à rappeler aux gouvernements la nécessité de renforcer et de consolider la démocratie comme vecteur de dignité, d’inclusion et d’équité.
Au Maroc, cette célébration intervient dans un climat marqué par des protestations croissantes, liées au projet de réforme structurelle des régimes de retraite que le gouvernement prévoit de lancer d’ici 2026. Une réforme qui inquiète profondément les retraités et leurs ayants droit, mobilisés pour défendre leurs acquis et exiger des garanties claires: maintien du pouvoir d’achat des pensions, respect des droits déjà liquidés et refus de toute remise en cause des prestations acquises au prix de toute une vie de travail.
Cette mobilisation intervient à quelques semaines de la Journée internationale des personnes âgées 2025, célébrée le 1er octobre prochain sous le thème: «Donner du pouvoir aux voix des personnes âgées pour un avenir inclusif». Instituée par l’ONU en 1991, cette journée mondiale vise à sensibiliser sur les enjeux du vieillissement et à rappeler la place essentielle des seniors dans la société. Elle met en lumière les défis auxquels ils font face : santé, inclusion sociale, protection des droits et accès digne aux services publics. Elle constitue aussi un appel à promouvoir des politiques favorisant le bien-être, la dignité et l’autonomie des aînés à travers le monde.
Au Maroc, cette date coïncide avec le sit-in de protestation que l’Instance des retraités civils a décidé d’organiser devant le Parlement, le mercredi 1er octobre 2025.
Car, en réalité, la retraite n’est pas une simple formalité administrative. Elle marque le début d’un long chemin après une vie de labeur, de sacrifices et de dévouement. C’est le moment où l’on prend conscience d’avoir vieilli, souvent affaibli par la fatigue ou la maladie, après avoir donné le meilleur de sa jeunesse et de son énergie au service des citoyens et de la patrie. C’est pourquoi il est urgent de garantir aux retraités une protection sociale renforcée : amélioration des services de santé, accès équitable et digne aux soins, gratuité des programmes sociaux et sanitaires. Tout cela à l’heure où la privatisation excessive menace de transformer des droits fondamentaux en simples privilèges réservés à ceux qui peuvent payer.
Les débats actuellement en cours entre le gouvernement, les syndicats et les partenaires sociaux doivent aller au-delà des calculs financiers. Ils doivent placer l’humain au centre de toute réforme et aboutir à la mise en place de systèmes solides de protection sociale – retraite, santé et aides diverses – capables de répondre aux besoins des personnes âgées d’aujourd’hui et de demain.
Car défendre la dignité des retraités, c’est défendre la dignité de toute la société.























