«Nous vous avons créés en peuples et en tribus afin que vous vous connaissiez.1 » – Saint Coran .
«Le sport peut créer de l’espoir là où autrefois il n’y avait que du désespoir. Il est plus puissant que les gouvernements pour briser les barrières raciales.2»
– Nelson Mandela .

Bien au-delà du spectacle sportif, la Coupe d’Afrique des Nations, Maroc 2025, s’inscrit dans une dynamique où le binôme sport et tourisme deviennent des leviers de développement. Dans un contexte marqué par le chômage des jeunes, l’événement soulève un enjeu central: transformer l’engouement populaire autour du football en opportunités concrètes d’emploi, de formation et de dynamisation des territoires, afin que cet événement et d’autres à venir puissent laisser un héritage durable au bénéfice des citoyens et de la jeunesse en particulier.

Un accélérateur touristique et d’image
La CAN 2025 agit comme un puissant catalyseur de flux touristiques. Supporters, délégations, médias et visiteurs internationaux convergent vers les métropoles hôtes, dynamisant l’hébergement, la restauration, les transports et les services. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les grands événements sportifs renforcent la notoriété des destinations et prolongent la durée moyenne de séjour.
En effet, «le tourisme constitue un nouveau défi dans le processus de transformation des sociétés contemporaines sur la voie de la mondialisation et de la globalisation. C’est un phénomène qui s’est développé sous l’impulsion d’un puissant appareil de promotion touristique ayant reçu l’appui des plus hautes instances internationales : l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le FMI, les Nations unies, la Banque mondiale, l’UNESCO, etc. Sa diffusion était (et l’est encore) souhaitée pour des raisons avant tout d’ordre économique. Le Maroc, pays en voie de développement, fut parmi les premiers à s’être engagé dans une stratégie de promotion touristique»3.
Aussi, pour le Maroc, la compétition constitue-t-elle une occasion et une vitrine stratégiques mettant en valeur la diversité culturelle, patrimoniale et la modernité des infrastructures ainsi que l’hospitalité du Royaume.
À travers la campagne « Maroc, Terre de Football », menée conjointement par l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) et la Fédération Royale Marocaine du Football (FRMF), l’ambition est claire : positionner le pays comme un hub sportif et touristique capable d’attirer jusqu’à un million de visiteurs, voire davantage. Un hub non seulement à l’occasion de cet événement, mais aussi une destination privilégiée tout au long de l’année, au regard de la richesse et de la diversité des potentialités touristiques du Royaume, misant notamment sur le tourisme sportif et de santé. Celui-ci s’appuie sur des sites thermaux tels que Moulay Yacoub, célèbre pour ses eaux soufrées riches en minéraux aux vertus reconnues pour le traitement des rhumatismes et des affections dermatologiques, Abaynou (au sud-ouest de Guelmim), Aïn Salama, près de Meknès (eau à 38 °C), ainsi que Sidi Harazem (région Fès-Boulemane), etc.

Retombées économiques et emploi des jeunes
Au-delà des recettes directes, la CAN génère un effet multiplicateur sur l’économie locale. Hôtellerie, commerce de proximité, artisanat et transports bénéficient des dépenses liées à l’événement. Mais l’enjeu central demeure l’emploi, notamment celui des jeunes, particulièrement exposés au chômage.
La CAN mobilise une main-d’œuvre importante — emplois temporaires, volontariat, logistique, sécurité, animation, services touristiques — offrant à de nombreux jeunes une première expérience professionnelle. Pour que cet impact soit durable, ces opportunités doivent s’inscrire dans des dispositifs de formation, de qualification et d’insertion, afin de transformer l’emploi événementiel en tremplin vers des carrières pérennes.

Cohésion sociale et équilibre territorial
Sur le plan social, la CAN (ou autre événement sportif futur) renforce le sentiment d’appartenance et la cohésion nationale autour d’une passion partagée. Toutefois, les retombées doivent être mieux réparties afin d’éviter leur concentration dans quelques métropoles (hôtes, au détriment des territoires périphériques et des jeunes qui y résident. Autrement, tous devraient goûter de la tarte !

Soft power et durabilité
La CAN 2025 s’inscrit enfin dans une stratégie assumée de soft power. Le Maroc consolide son image de pays stable, organisé et tourné vers l’avenir, tout en préparant des échéances majeures, notamment la co-organisation de la Coupe du Monde 2030.
Reste le défi de la durabilité : éviter la sous-utilisation des infrastructures et la précarisation de l’emploi post-événement. À cette condition, la CAN et le sport national en général pourront dépasser le statut d’événement vitrine pour devenir un véritable moteur d’attraction, de croissance inclusive et de lutte contre le chômage des jeunes.
Finalement, au-delà des stades et des résultats sportifs, c’est bien l’avenir d’une génération qui se joue aussi sur ces terrains-là.

FÉLICITATIONS À NOS LIONS DE L’ATLAS LA QUALIFICATION À LA FINALE CAN 2025

1Sourate Al-Houjourate (verset 13), signifie qu’Allah a créé les êtres humains différents, en peuples et en tribus, afin qu’ils se reconnaissent les uns les autres et que s’établissent les intérêts communs, la coopération et la transmission.
2Nelson Mandela, homme d’État sud-africain, Président (1918 – 2013.).
3Ghoudane Ali (2004), Turismo y Desarrollo en la Provincia de Tetuàn N-O Marruecos, Universidad de Granada, España, Résumé publié dans la Revue Scientifique de l’Association Forum, du Nord du Maroc N° 2-3, Juillet 2008.

Par Dr. Ali GHOUDANE – Docteur chercheur en Sociologie
Cf. mon blogspot : kroniquesociale.blogspot.com/

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