Quand une région considérée comme le second poumon économique du Maroc et sa première vitrine face à l’Europe, trouve d’énormes difficultés pour construire une route reliant quelques villages à un centre urbain ou une ville à une autre, cela ne peut s’expliquer que par un grand échec de la gestion générale de tout son périmètre.
Avec son TGV ou sa manière de construire les meilleurs stades de foot au monde en seulement quatre mois, il est clair qu’au niveau régional ce n’est pas la même vitesse ni la même intelligence…
La différence est flagrante et voici quelques exemples qui la met en évidence.
Premier mauvais exemple:
Les travaux de dédoublement de la route nationale reliant Chaouen à Tétouan s’éternisent. C’est du moins l’impression qu’ont les usagers. En effet, des sources bien informées rapportent que de nombreux usagers ont appelé, ces derniers jours toutes les institutions concernées, à faire de leur mieux pour accélérer la réalisation de ce projet.
Selon le quotidien Al Akhbar, qui cite ces mêmes sources dans son édition du jeudi 19 décembre (…2024!!!), les usagers pressent les responsables à finaliser les tronçons restants dans les plus brefs délais. Cela est d’autant plus urgent qu’il s’agit des tronçons les plus dangereux de cet axe, lesquels, en plus de présenter des virages particulièrement difficiles, sont parsemés de nids de poule et de parties non goudronnées dues aux travaux.
D’après les mêmes sources, poursuit le quotidien, cette route se caractérise également par l’absence de signalisation dans certains tronçons, pourtant indispensable, ainsi que par le manque de panneaux d’avertissement et de lignes phosphorescentes. Il devient donc urgent, estime Al Akhbar, d’accélérer les travaux pour achever les tronçons restants et faciliter ainsi la circulation entre Tétouan et Chaouen.
Les mêmes sources, ajoute le quotidien, relèvent que «le retard enregistré dans la réalisation de ce chantier de dédoublement de la route entre Chaouen et Tétouan a souvent été attribué au manque de financement». Le budget alloué à ce projet s’est avéré insuffisant, précise Al Akhbar, qui affirme que «le ministère de l’Équipement et de l’Eau a dû adjoindre un avenant à la convention signée avec le Conseil régional, l’Agence pour la promotion et le développement des provinces du Nord, et les Conseils provinciaux concernés. Par conséquent, le budget global prévu pour ce projet a été porté de 300 millions de dirhams initialement à 400 millions de dirhams».
Aujourd’hui plus que jamais, conclut Al Akhbar, ces autres intervenants sont appelés à surmonter toutes les contraintes et obstacles freinant l’avancée de ce projet. L’achèvement des travaux permettra de faciliter les déplacements entre les villes de la région Nord et de contribuer au développement du tourisme, du transport et de l’activité économique en général.
Deuxième mauvais exemple:
Après des années d’indifférence de la part des autorités, des jeunes d’un village près de Tétouan tracent leur propre route.
Perchés dans les montagnes de la tribu Beni Hassan, là où les routes goudronnées laissent place aux sentiers escarpés, les jeunes du village de Tamtilt ont décidé de construire leur propre route. Cette initiative, qui fait grand bruit dans la commune d’Al-Wad, dans la région de Tétouan, est le fruit d’années de patience, d’attente et de nombreuses demandes adressées aux responsables.
Face à l’absence de réponse concrète aux demandes des habitants qui souhaitent sortir de l’isolement de leur région, les villageois ont lancé une initiative collective pour ouvrir une route reliant Tamtilt aux villages voisins et à la route nationale 2. Ils utilisent des outils rudimentaires et des ressources limitées, mais leur détermination est sans faille. Ce village reculé est resté à l’écart des plans de développement, malgré des plaintes et des courriers répétés. Les souffrances quotidiennes de ses habitants s’intensifient à chaque averse ou maladie, les obligeant à porter sur leurs épaules les femmes enceintes et les malades sur de longues distances pour atteindre la route la plus proche qui leur permette de rejoindre l’hôpital ou une ambulance. Cette scène illustre les profondes disparités spatiales et sociales entre la région TTA présentée comme une belle vitrine et la réalité de ses nombreuses villages délaissé.
L’initiative des jeunes du village, bien que modeste, portait un message fort et symbolisait une volonté collective de revitaliser une région longtemps négligée. C’était un cri contre les politiques d’exclusion qui ont contraint les habitants à se débrouiller seuls pour construire les infrastructures les plus élémentaires à une vie digne.
Les habitants de Tamtilt espèrent que les autorités reconnaîtront ce signe positif et transformeront cette initiative citoyenne en un projet global qui mettra fin à des années d’isolement et ouvrira de nouvelles perspectives de développement et de dignité pour le village. Ils attendent avec impatience le jour où la nouvelle route deviendra un axe vital reliant la montagne à la ville, redonnant à la région toute sa place sur la carte du pays.
Attendons tous Godot!
























