« A mon arrivée, Tanger m’a semblé bien plus bouillonnante, vibrante et agitée que dans les livres »

« En signant un partenariat avec la commune de Gzenaya, nous avons souhaité nous rapprocher des jeunes marocains et leur offrir des cours de langue française ainsi qu’un accès à une médiathèque de proximité »

Excellence, quelle impression avez vous eu de Tanger après votre nomination comme Consule Générale et Directrice de l’Institut français?

Avant mon arrivée à Tanger, j’avais pris plaisir à me plonger dans la ville et le pays grâce à la littérature. Les romans de Paul Bowles, la trilogie de Gilbert Sinoué ou le portrait de Tanger par Daniel Rondeau m’avaient donné une première impression très romantique de la ville. A mon arrivée, Tanger m’a semblé bien plus bouillonnante, vibrante et agitée que dans les livres. Passée la première surprise, je commence à aimer cette agitation et ce dynamisme, portés par la jeunesse tangéroise.

Vos premiers contacts et entretiens avec les autorités de la ville vous ont certainement servi pour constituer une première idée de la vie littéraire, artistique et culturelle à Tanger. Êtes-vous satisfaite du niveau de développement dans une ville qui est en pleine expansion?

J’ai débuté mes entretiens et mes visites dès mon arrivée et j’ai constaté effectivement qu’il existait à Tanger de nombreuses femmes et de nombreux hommes désireux de faire vivre les arts et la culture. De nombreuses personnes passionnées me viennent à l’esprit et notamment Stéphanie Gaou avec sa librairie Les insolites, Zoubeir Ben Bouchta directeur et fondateur du théâtre Riad Sultan ou encore Zhor Amhaouch, la directrice régionale de la Culture. Ces personnes, tout comme de nombreuses autres, ont en commun leur désir de diffuser les œuvres et la culture mais ce sont surtout de véritables passeurs de sens et de lien, indispensables à nos sociétés.

Vous êtes arrivée dans un moment marqué par de grands changements au Consulat et à l’Institut et c’est tout une nouvelle politique de gestion qui est annoncée. En effet, le bâtiment consulaire abritera définitivement l’institut français ce qui marquera à jamais les esprits dans une ville qui garde en mémoire l’importance de ce bâtiment historique. Comment jugez-vous ce transfert et, à votre avis, quelle est exactement son importance?

J’ai la chance d’arriver à Tanger alors que les grands travaux, initiés par mon prédécesseur Philippe Truquet, arrivent à leur terme. Nous devrions en effet pouvoir déménager l’institut sur l’ancien site du consulat général de France au mois de décembre prochain. Ce regroupement des services en un seul lieu, qui est exceptionnel et qui fait partie de l’histoire de la ville depuis presque une centaine d’année, devrait marquer un tournant important dans l’histoire de la présence française à Tanger et permettre de renforcer le dialogue franco-marocain. L’institut français gagnera en visibilité afin d’offrir ses services au plus grand nombre et notamment à la jeunesse marocaine: accompagnement pour les études en France, cours de langue, ateliers en français, médiathèque pour les adultes et les plus jeunes, programmation culturelle et coopération éducative. Cette délocalisation, nous permettra également de rapprocher l’institut de la galerie Delacroix qui met en avant les jeunes talents en favorisant la création artistique contemporaine.

Depuis l’année dernière, l’IFT vit sous le rythme d’une nouvelle dynamique, notamment de conventions et de partenariats, la dernière étant celle signée avec la commune de Gzenaya ayant abouti à la création d’un annexe de l’institut français dans cette commune. Comment évaluez-vous cette effervescence et quels sont les objectifs espérés?

Je vous remercie d’avoir cité la convention signée avec la commune de Gzenaya car elle est emblématique de notre projet global. Tanger est en effet une ville en plein développement dont la population s’accroît très rapidement. Le site historique de l’institut français, situé en plein centre-ville, est dorénavant éloigné des habitants qui se sont installés dans les nouvelles communes à proximité de Tanger. En signant un partenariat avec la commune de Gzenaya, nous avons souhaité nous rapprocher des jeunes marocains et leur offrir des cours de langue française ainsi qu’un accès à une médiathèque de proximité. Je saisis cette occasion pour remercier le directeur régional de la jeunesse, M. Abdelouahed El Mokrai Azibou ainsi que le président de la commune, M. Mohammed Boulaich pour la confiance qu’ils nous ont accordé en mettant à notre disposition les locaux de la maison des jeunes de la commune.

  • Propos recueillis par A. REDDAM