L’été 2024 sera témoin de l’une des plus grandes secousses dans le secteur touristique mondial avec la chute du voyagiste allemand FTI. À une période qui promettait d’être l’une des meilleures pour le tourisme en Méditerranée, la faillite de FTI a déclenché une série de répercussions ressenties comme un effet domino dans toute l’industrie. Le Maroc, une destination en expansion pour FTI, n’est pas exempt de cette crise.

Le détonateur de la chute de FTI semble avoir été une fuite concernant les conditions de l’achat possible par le fonds d’investissement Certares, qui exigeait une réduction significative de la dette de l’entreprise. Cependant, le gouvernement allemand, confronté à la concurrence de grands groupes comme TUI, a été réticent à approuver cette réduction. TUI, contrairement à FTI, avait entièrement remboursé les aides reçues, ce qui a ajouté de la pression sur le gouvernement pour ne pas faire de concessions.

Le résultat a été une réponse négative qui a laissé FTI sans le soutien nécessaire, malgré les 60 millions d’euros investis précédemment par le gouvernement allemand dans le voyagiste. Cette situation a conduit à la perte d’emploi pour 1 700 familles à Munich et a plongé l’entreprise dans une spirale descendante avec la fuite de ses meilleurs actifs et directeurs.

Bien que la crise soit centrée en Allemagne, ses effets se feront sentir au Maroc tôt ou tard. FTI avait une relation significative avec le pays nord-africain et le considérait comme l’une de ses destinations d’expansion. La faillite d’un voyagiste aussi important peut entraîner le secteur touristique marocain comme un château de cartes.

Avec la perte de FTI, les hôtels au Maroc qui dépendaient de ce voyagiste se trouvent dans une position précaire. Le manque de touristes que FTI attirait habituellement peut se traduire par des chambres vides et une baisse des revenus. De plus, l’incertitude sur l’avenir de FTI a conduit d’autres hôtels dans des destinations comme les Baléares et les Canaries à rompre des contrats et à improviser des solutions pour sauver la saison. Les hôtels marocains devront également s’adapter rapidement pour éviter de grandes pertes.

Malgré la situation critique, certaines sources n’excluent pas que FTI puisse être sauvé si la réduction de la dette nécessaire est réalisée. Certares pourrait être intéressé par l’acquisition de la seule marque FTI, ce qui permettrait une possible résurrection de l’entreprise sous une nouvelle direction. Cependant, les derniers mouvements et la perte de réputation compliquent cette possibilité.

Pour le Maroc, la clé résidera dans la capacité de ses hôtels et opérateurs touristiques à diversifier leurs sources de clients et à trouver de nouveaux partenaires. La résilience du secteur sera mise à l’épreuve dans les mois à venir, et l’adaptation sera cruciale pour minimiser l’impact de cette crise.

La faillite de FTI est une bombe qui a explosé au moment le moins opportun pour le tourisme en Méditerranée. Le Maroc, en tant que destination en expansion pour le voyagiste allemand, ressentira les répercussions de cette chute. Le secteur touristique marocain devra agir rapidement pour s’adapter et trouver des solutions afin de réduire les effets négatifs, tout en restant attentif à toute possibilité de sauvetage qui pourrait émerger pour FTI.

Abderrahim Ouadrassi