Commençant notre article par des faits car je hais, je maudis et je réprouve les concepts idéologiques :
D’après les analystes pétroliers que je suis, en ce debut de l’année 2024, 20% du pétrole mondial se vend et s’achète en utilisant une monnaie autre que le dollar US, contre quasiment zéro au début de ce siècle. Cette réalité, cette vérité nous amène à se poser de nombreuses questions. C’est un bouleversement inouï de la scène financière mondiale.
Depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, tout pays qui avait besoin d’importer de l’énergie devait régler sa facture en dollar américain. Il en est de même pour tout pays exportateur d’énergie (émission de facture $).
Depuis plus de 6 ans, mes analyses, mes articles publiés par cet hebdo ont été que ce « privilège impérial » allait être contrecarré pour de nombreuses raisons mais dont la plus importante fût l’extra territorialisation du droit américain sur toute transaction en dollar en dehors des USA. Le gouvernement US se donnait ainsi le droit de vérifier l’utilisation que des pays souverains faisaient de leurs réserves de change et de les punir en les interdisant de dollar, donc d’énergie, s’ils contrevenaient aux desiderata de la loi américaine.
Inutile de clarifier, de spécifier que le chiffre de 20% ne va cesser d’augmenter et que d’ici 10 ans, je vous pari qu’il n’y aura plus que 20 % de ces achats et ventes de pétrole qui seront libellés en dollar.
Je vais vous expliquer, dans les réflexions suivantes, l’impact gigantesque sur l’économie mondiale.
1ère Réflexion
Actuellement et d’après les chiffres officiels, il y a 7.500 milliards $ en monnaie de réserve, ce qui est gigantesque.
Tout d’abord que vont devenir ces dollars mis en réserve par les pays importateurs pour régler leurs factures énergétiques ?
Élémentaire mon cher Watson: ces dollars ne pourront servir qu’à :
– Soit acheter des biens et des services produits aux USA, ce qui veut dire que la balance commerciale des USA qui est prodigieusement, énormément et excessivement déficitaire, devra devenir excédentaire, ce qui implique un effondrement du cours du dollar.
Donc, détenir du cash ou des obligations US est donc totalement idiot.
– Soit acheter des actifs aux USA (actions, immobilier, terres agricoles), en espérant que le gouvernement US respectera votre droit de propriété. Suivez mon regard, toutes mes pensées aux actifs Russes, Iraniens ou Vénézuéliens.
-Soit enfin vendre ces dollars à des tiers contre votre propre monnaie, ce qui fera monter le taux de change de votre monnaie.
– Soit refiler la patate chaude à quelqu’un dont son système aurait besoin de dollars. Je pense à Javier MILEI de l’Argentine, je ne vois pas très bien qui d’autre.
Déduction: la fonction d’étalon de valeur a déjà disparu, la fonction de réserve de valeur du dollar va disparaître .
Ce qui m’amène à la 2ème réflexion.
2ème Réflexion
Le fonctionnement du système des paiements internationaux dans le passé.
J’ai déjà traité ce sujet dans mes articles antérieurs mais j’y reviens pour rappel.
L’ancien système fonctionnait un peu comme un ordinateur central (mainframe).
Pour avoir les dollars dont vous aviez besoin, il vous fallait avoir un excédent commercial libellé en dollar. Les dollars ainsi gagnés étaient déposés à la banque centrale US, et avec ces dollars, les banques centrales des pays en excédent achetaient des obligations US, ce qui finançait les déficits budgétaires américains.
Cela permettait aux USA d’avoir des taux d’intérêts plus bas, la contrepartie étant que les taux dans les pays excédentaires étaient plus élevés qu’ils n’auraient dû être. Pour faire simple, cela permettait aux US de vivre au-dessus de leurs moyens pendant que les pays excédentaires vivaient éternellement en dessous.
Et quand vous aviez besoin de payer votre pétrole à la Russie, l’Arabie Saoudite, etc …, vous donnez un ordre à la banque centrale US de transférer vos dollars sur le compte de la banque centrale Saoudienne ouvert auprès de la Fed. l’Arabie Saoudite achetait, aussi, des obligations américaines puisque les USA assuraient la protection militaire du royaume contre soit disant ses ennemis fictifs (Iran, Yémen et autres …)
De ce fait, les USA connaissaient seconde par seconde la situation de vos réserves et quand elles baissaient à un niveau critique, l’information se retrouve auprès d’un hedge fund ou autre, qui attaquait votre monnaie, ce qui vous forçait à demander l’aide du FMI et assurait votre soutien à la politique internationale des USA.
C’est ce système qui est en train de s’écrouler pour être remplacé par un nouveau système que je vais vous décrire.
3ème Réflexion
Comment va fonctionner le système des paiements internationaux dans le futur ?
Prenons l’exemple sur le BRICS, où la Chine achète du pétrole à l’Arabie Saoudite. La banque centrale de Chine envoie la contre valeur des achats de pétrole en yuan à la banque centrale Saoudienne, qui fait savoir aux importateurs de biens chinois en Arabie Saoudite qu’elle a des yuan à sa disposition et qu’elle peut leur vendre contre de la monnaie locale.
Ces importateurs achètent le yuan existant à la banque centrale et règlent leurs importations en versant ces yuan au compte des exportateurs chinois à une banque Chinoise à Riyad ou à Shanghai.
Et ainsi de suite pour tous les pays du monde.
Ainsi, nous avons remplacé un système monétaire complètement centralisé autour du dollar sous le contrôle des USA par un autre complètement décentralisé d’acteurs indépendants les uns des autres et sous le contrôle de personne.
Comme vous êtes des lecteurs assidus, une question vous taraudera? Mais que se passe t’il si l’un des 2 pays a un déficit avec le second, ou plus simplement, comment vont-ils solder les excédents ou les déficits entre pays ?
4ème Réflexion
Comment les excédents et les déficits bilatéraux vont-ils être soldés ?
C’est la difficulté de tous les systèmes de paiements internationaux. Voici ma réponse.
Je vais prendre l’exemple de l’Inde et de la Chine, non plutôt la Russie, puisqu’elle ne peut pas accepter de dollars en paiement, et que le roupie n’est pas convertible. Franchement, c’est le cas le plus difficile à traiter. J’adore les difficultés, on se sens utile. Une pensée à M. JOUAHRI, Wali Bank Al Maghreb.
L’Inde paie ses importations de pétrole Russe en roupies mais ne vend pas grand-chose à la Russie, qui se retrouve du coup avec énormément de roupies qui ne sont pas convertibles librement dans les marchés des changes, ce qui créée un problème, pour les Russes.
Que faire ?
Cogitons et étudions les atouts de l’une et ou de l’autre. Une pensée à notre gouvernement oiseux, superflu et vide … L’excellence n’est pas une aptitude, c’est une attitude.
L’Inde a une démographie excellente, des besoins d’investissement en infrastructure, surtout un besoin gigantesque en énergie donc besoin d’importer des capitaux.
Aujourd’hui, en dehors du charbon, elle dispose de peu de réserves de matières premières et elle doit les importer ce qui freine son développement (contrainte du commerce extérieur). Acheter les matières en roupies est pour elle une aubaine.
Le vrai problème est : Comment les payer ?
L’Inde dispose de réserves de change en dollars et d’or importantes.
L’Inde ne produit pas d’or, mais le secteur privé Indien a sans doute les réserves d’or les plus importantes au monde.
Si, dans les 20 ans qui viennent, l’Inde aura résolu sa dépendance énergétique, on pourra être certain que le pays aura des comptes courants excédentaires.
Mais qu’elle est cette solution pour que les Russes puissent consommer ces roupies.
Le plus simple serait pour les Russes de vendre leurs matières premières et d’acheter des actifs en Inde tels qu’immobilier ou usine.
Malheureusement, pour des raisons stratégiques l’Inde ne vend pas ses actifs à une puissance étrangère. Cette option est donc fermé.
Venons-en à la Russie.
La Russie est le plus gros exportateur de matières premières au monde, et il le restera.
Exceptionnellement, la Russie est l’un des pays qui domine toutes les composantes de l’industrie nucléaire depuis l’uranium, en passant par la production d’électricité jusqu’au recyclage des déchets.
La Russie a des comptes courants excédentaires et pour ainsi dire aucune dette ni extérieure ni intérieure. Autant dire que la Russie a besoin d’argent comme moi d’un projectile dans ma tête.
À l’inverse, la Russie a une mauvaise démographie, et dans 20 ans, elle aura besoin de revenus en provenance de l’étranger pour servir des retraites convenables à sa population. C’est du benchmarking, intercomparaison, parangonnage. Je me suis imprégné du Japon.
A ce moment-là, la Russie passera en comptes courants déficitaires au moment où l’Inde passera en comptes courants excédentaires. Dans 20 ans, le sous-continent sera la seule zone au monde disposant d’une force de travail jeune et bien formée.
Une pensée pour Mon continent.
Si, dans les 20 ans qui viennent, l’Inde a résolu sa dépendance énergétique, on peut être certain que le pays aura des comptes courants excédentaires.
Par déductions, ces 2 pays sont totalement complémentaires et ont tout intérêt à trouver une solution, ce qui n’est pas bien difficile puisqu’il ne s’agit que d’arbitrer le temps entre 2 pays qui ont des horizons temporels différents.
J’ai quelques pistes pour mon pays. Mais j’exclue pour le moment l’utilisation de l’Or puisque M. JOUAHRI veut rester dans la moyenne mondiale (6%). J’ai un TOTAL respect pour cet Homme d’État. Quoique personnellement, je tend vers un 25%.
Etc … Je suis prêt à offrir mes services s’ils pensent que je pourrais leur être utile.
Le lecteur avisée devrait soulever une chose importante, je n’ai aucunement fait appel au dollar pour ces financements à long terme mondiaux. Il est dorénavant nullement raison de le faire. Une pensée pour ceux qui travaillent dans ces organisations internationales qui vont devoir fermer faute de clients.
Chiche pour notre système éducatif.
Je ne vous cacherai pas que je suis content de moi, ce qui est toujours immuablement dangereux.
Oussama OUASSINI
L’homme qui murmure aux oreilles des Hommes d’État

























