Le retour du phénomène climatique El Niño se confirme de plus en plus pour cet été. Il y a désormais presque 90% de chances qu’il se produise à l’automne! Certains modèles climatiques prévoient même un «super El Niño» d’ici fin 2023, un événement qui aurait pour conséquence de bouleverser le climat mondial.
Il n’y a désormais quasiment plus aucun doute, le phénomène El Niño sera de retour ces prochains mois. Rappelons que ce phénomène climatique, qui influence la météo d’une partie du monde au cours des mois suivants, se caractérise par une température plus élevée sur une zone précise de l’océan Pacifique. Après un triple La Niña, son homologue froid -qui a sans doute permis d’atténuer un peu le réchauffement climatique ces dernières années-, El Niño aura un effet réchauffant.
Dans son communiqué du 13 avril, la NOAA a émis une «vigilance El Niño, signifiant que toutes les conditions sont actuellement favorables au développement du phénomène ces prochains mois: l’organisme américain estime à 62%, les probabilités pour que El Niño se développe entre mai et juin, à 82% entre août et octobre et près de 90% à l’automne! L’océan Pacifique équatorial a montré en effet des signes de réchauffement important durant le début avril, qui résultent d’un changement d’orientation des vents.
En plus de son effet réchauffant sur le climat mondial, El Niño a des conséquences régionales très fortes, certaines négatives, d’autres positives: de fortes précipitations en Amérique Centrale, en Californie et au sud-est des États-Unis, de la sécheresse en Amérique du Sud, ainsi qu’en Australie avec le retour des méga-feux, une mousson atténuée ou décalée en Inde, moins de cyclones dans l’Atlantique, mais aussi, une multiplication de certains virus comme le choléra ou la dengue.

Vers un «super El Niño» ces prochains mois?

À l’heure actuelle, la NOAA estime qu’il y a 4 chances sur 10 pour qu’un «fort El Niño» se mette en place, et à seulement 1 chance sur 10 pour qu’aucun El Niño ne voie le jour en 2023. Mais ces prévisions seront revues, et précisées, lors du prochain point sur la question le 11 mai.
De manière moins officielle, plusieurs modèles météo qui effectuent des prévisions à long terme entrevoient déjà le spectre d’un «super El Niño», un phénomène qui ne se produit que tous les 10 à 15 ans. Un El Niño classique se caractérise par une température du Pacifique équatorial de +0,8 °C par rapport à la normale, et un super El Niño par une température de minimum +2 °C par rapport à la normale. Ce seuil est déjà prévu par certains modèles météo au cours du mois d’octobre prochain, mais des prévisions aussi lointaines sont à considérer avec prudence.
Le dernier événement extrême du même type s’est produit en 2016 et a donné lieu à l’année la plus chaude jamais enregistrée. L’effet d’El Niño s’additionne à celui du réchauffement climatique, voilà pourquoi l’année 2023 et peut-être 2024 en raison du temps de réaction du climat, pourraient se positionner comme les nouvelles années les plus chaudes jamais enregistrées sur Terre.
Le retour d’un super El Niño, moins de 10 ans après celui de l’année 2016, serait particulièrement exceptionnel.