L’annonce de le réouverture du cinéma Alcazar, après le réaménagement de son bâtiment historique, a été énormément appréciée par tout le monde à Tanger et même en Espagne et ailleurs. Tous les Tangérois du monde, qui avaient fréquenté cette salle durant leur enfance, avaient beaucoup applaudi le projet de sa rénovation. AlCazar n’était pas uniquement une petite salle de cinéma quelconque au cœur de l’ancienne Médina de Tanger. Elle fait partie de cette histoire de la cité rappelant son époque la plus importante.
Une histoire d’ailleurs de plus en plus difficile à protéger si ce n’est grâce aussi à ces bâtiments qui ont été récemment restaurés ou le sont en cours. Et le cinéma Alcazar fait partie de ce patrimoine.
Les Tangérois ont aussi apprécié que cette salle soit gérée par une association qui a clairement montré ses objectifs, parmi lesquels celui de se mettre au service des jeunes, les élèves et les étudiants de la ville voulant un accès direct aux activités culturelles et artistiques dont le 7ème art.
Après quelques programmations et rencontres dédiées à tous les genres, l’association responsable vient d’annoncer le démarrage officiel de son programme annuel qui démarrera le 1er février.
Cependant, dans son annonce du lancement de sa programmation mensuelle, l’association Tanjaflam, qui déclare dans une petite présentation que l’Alcazar “s’adresse à tous les publics en réservant une attention particulière aux jeunes afin de leur donner goût au cinéma”, oublie que ces enfant là sont majoritairement issues de familles pauvres ou très moyennes qui n’ont pas de quoi payer 30 DH pour aller voir un film à l’Alcazar.
Imaginez une famille de 2 ou 3 enfants qui ont envie de voir le film d’Astérix et Obélix, mais qui doivent payer 60 ou 90 DH pour accéder à la petite salle.
Tanjaflam qui veut attirer les jeunes vers le 7ème art, oublie la réalité de la majorité des familles habitant l’ancienne Médina et les autres quartiers de la ville. Ces enfants méritent un accès gratuit à Alcazar via des conventions de partenariat avec leurs établissements scolaires respectifs, ou sinon payer un prix symbolique ne dépassant pas 10 DH. Que ce soit ainsi au moins pour les enfants scolarisés dans les établissements publics. Des conventions à des tarifs plus chers seraient plutôt plus logiques avec certaines écoles du secteur privé et ceux de la mission étrangère. Même si au fond, un enfant, riche ou pauvre, doit avoir l’accès facile à une salle de cinéma.
A. R.