Le rêve de Khadija Bouebaidi se réalise

Cela fait une trentaine d’années que Mme Khadija Bouebaidi est devenue membre de l’association gérant la crèche des enfants abandonnés de Tanger. Et en tant que présidente, c’est grâce à ses efforts personnels et sa grande volonté que cette crèche ait pu avoir son bâtiment actuel sur le grand rond-point de Boubana. Un joyau architectural chef-d’œuvre de l’architecte Tangérois Ahmed Ragala.
Le bâtiment abrite aujourd’hui plusieurs dizaines d’enfants, dont une vingtaine souffrant d’handicap mental. Des enfants que personne ne veut prendre en charge et que la présidente de la Crèche estime qu’ils sont des victimes doublement.
Refusant de les abandonner à leur malheureux sort humain et social, Khadija Bouebaidi fonce sur son second grand rêve: construire un autre bâtiment pour y loger ces enfants, aujourd’hui au nombre de 26, dont des bébés mais aussi quelques adolescents.
Ces enfants ont véritablement besoin d’une prise en charge spéciale dans un bâtiment qui leur soit aménagé de manière à ce qu’ils soient mieux traités.

 


Ce jeudi 29 mai marquera l’histoire de la Crèche de Tanger, car grâce aux efforts de la présidente, la réalisation de ce projet est lancée. A ce propos, Khadija Bouebaidi a réuni dans son bureau les principaux acteurs participants dans ce projet. Une réunion technique pour mettre en lumière tous les détails de ce futur bâtiment, nécessitant une période de 10 mois pour être construit.
Le bâtiment qui sera édifié sur le même terrain où se trouve le magnifique bâtiment de la Crèche, nécessite évidemment le soutien de tout le monde. Donateurs, institutions et administrations locales et territoriales…
En parallèle, Khadija Bouebaidi rêve toujours d’un autre projet crucial.
La présidente de la crèche de Tanger travaille en effet sur une nouvelle idée: pouvoir, un jour, avoir un autre terrain, où elle créera des projets à caractère lucratif assurant des revenus permettant de garantir une partie des budgets dont a besoin cette association. Il s’agit en l’occurrence d’une salle de fête et de conférences.
Plus de 40 personnes travaillent actuellement dans la Crèche des enfants abandonnés de Tanger, cela représente une masse salariale annuelle de presque 3 MDH, contre un budget annuel de 4 MDH, dont 1,2 MDH comme soutien institutionnel (à peine!). D’où l’importance de continuer à chercher des moyens financiers assurant la pérennité de la crèche et une prise en charge de ses enfants.
A. REDDAM