Lfercha est une page fb possédant un peu plus d’un million de followers, une chaîne YouTube qui n’a pas eu le même succès et, depuis quelques jours, un site électronique (lfercha.info) qui se veut un média d’investigation accusant (jusqu’à preuve qu’ils soient coupables) des responsables de nombreuses institutions étatiques, entreprises et autres personnes de faits très graves.
Gouverneurs, pachas, caïds, présidents de communes, trafiquants de drogues, personnalités influentes, chefs d’entreprises, hauts cadres de différentes administrations, etc., Lfercha ne rate pas l’occasion d’accuser ouvertement quiconque de corruption et justifie souvent ses articles en présentant ce qui serait des preuves solides.
Les informations relatées par ce support, de plus en plus suivi par les Marocains évoquent des problèmes qui ont lieu dans toutes les régions et les villes du pays. Tout ce qui est en relation avec la corruption, quelle que soit sa nature et son degré, est publié sur Lfercha, dont l’admin, inconnu encore, déclare qu’il vit au Canada et qu’il possède des « correspondants » dans tout le royaume. Enfin presque.
Au Nord, c’est à Tanger que Lfercha a dévoilé le premier dossier dans lequel l’auteur (anonyme) accuse directement des responsables de la société Amendis de délits très graves.
La hausse des tarifs des factures d’eau et d’électricité que contestent, depuis des années, des milliers de clients sont un jeu d’enfants comparée aux accusations signalées par ce site.
Selon l’auteur de l’article illustré avec des photos de quelques responsables, hauts cadres de la société chargée de la distribution d’eau et d’électricité à Tanger et Tétouan, certains établissements hôteliers, des luxueuses villas et autres espaces haut de gamme existant sur la côte tangéroise, notamment du côté de Cap Spartel et Achakkar, auraient été frauduleusement connectés au réseau de l’eau potable. Pour Lfercha, le coût global de ces consommations qui durent depuis plusieurs années serait de plusieurs centaines de millions de Dirhams.
Mais là où les informations publiées par ce site prennent de graves ampleurs, c’est quand il confirme que de hauts cadres d’Amendis n’auraient jamais réagi pour faire respecter la loi en faisant « payer » aux nombreux fraudeurs les irrégularités observées par les employés de la société lors de simples contrôles.
Toujours selon Lfercha, ces derniers auraient fait des PV indiquant les irrégularités et ont même coupé la connexion (frauduleuse) du réseau de l’eau potable. Ces PV indiquant même les montants impayés et leurs équivalences en amendes, auraient été mis à la disposition de leurs supérieurs. Mais sans aucune suite.
Au contraire, l’auteur de l’article de Lfercha indique qu’un de ces employés aurait été « mis au garage » pour une durée de six mois, et un deuxième aurait été carrément « renvoyé ». Dans le même sillage, les dossiers des contrôles ayant permis la découverte des « fraudes » auraient été archivés sans aucune suite.
Que s’est-il passé exactement et est-il vrai ces enquêtes auraient-elles été « abandonnées » et « négligées »?
Pour répondre à ces questions Lfercha n’y va pas par quatre chemins en accusant ouvertement certains hauts responsables d’Amendis de « corruption ». Une très grave accusation que le site ne justifie pas encore.
Lfercha insiste qu’il possède des informations très solides en donnant une suite à la série de ses articles, trois jusqu’à aujourd’hui, accusant une autre société située sur la route de Rabat d’avoir opéré de la même manière.
En parallèle, l’auteur va même jusqu’à se diriger au Wali Mohamed Mhidia l’interrogeant sur sa réaction concernant les plaintes qu’il aurait reçu des deux employés d’Amendis sans aucune suite non plus.
La lecture des articles accusant certains cadres de la société Amendis laisse perplexe puisque ces accusations sont d’une dimension très grave car il s’agit de la gestion de l’eau potable, une denrée de plus en plus rare, donc coûteuse, ainsi que de centaines de millions de dirhams qui se seraient également « évaporées ».
Il est donc logique qu’à La Dépêche du Nord, on s’inquiète fortement en lisant ces articles de Lfercha au point qu’on voit logique aussi qu’il y ait une enquête pour vérifier ce qui est vrai et ce qui est faux dans cette énorme affaire.
A La Dépêche du Nord, on n’accuse personne sans avoir des preuves concrètes. Mais cela n’empêche pas de poser deux petites questions:
Si le Wali Mohamed Mhidia a, en effet, reçu des lettres des deux employés d’Amendis, a-t-il demandé qu’une enquête soit menée pour élucider cette sombre affaire?
Si oui, quel a été le résultat?
Et finalement, pour bien éclairer l’opinion publique, la direction d’Amendis devrait aussi donner son point de vue et répondre à des interrogations restées sans réponses.
Ces connexions frauduleuses ont-elles véritablement existées?
Si oui, les clients ont-ils payés les montants des amendes?
Et dans ce cas, pourquoi les deux employés ont-ils été « renvoyés »?…
Dossier à suivre!

 Par A. REDDAM