Rue de Fès. Lundi à 11 heures du matin. Depuis l’intersection avec le boulevard Pasteur, deux policiers de la circulation gèrent le flux des véhicules traversant les deux avenues. À côté, une dizaine de voitures sont stationnées sur les deux côtés. A droite, une plaque interdit l’arrêt. A gauche, c’est une interdiction d’arrêt et de stationnement. Mais malgré ce flagrant délit, les deux agents de la police ne réagissent pas. Aucune contravention, pas d’ordres pour un embarquement vers la fourrière. Rien. Il n’y a aucun problème à signaler. Dans cette zone du centre-ville la vie est bordélique, mais c’est comme si on s’est habitué, on aime…
Même un reportage photographique sur deux pages ne suffirait jamais pour mettre en relief la réalité de l’anarchie du stationnement à Tanger.
Partout dans le grand centre-ville, le chaos est le même. Des véhicules stationnés sur les trottoirs, bloquant même les portes des maisons ou des magasins, des stationnements à double file dans des avenues très petites, ou encore sur des avenues où il est clairement indiqué qu’il est strictement interdit de s’arrêter ou de stationner.
L’origine de cette situation n’est plus un secret de polichinelle. Car si la ville possède actuellement tous les moyens pour réorganiser ce secteur et qu’elle n’arrive pas à le faire, ce serait sûrement parce qu’il existe des obstacles qui l’en empêchent.
Durant les dernières années, Tanger s’est en effet dotée de nouvelles infrastructures pouvant absorber une grande partie du parc des véhicules à la recherche d’un espace de stationnement.
Le centre-ville propose plusieurs parkings modernes et sécurisés. D’autres espaces dans la même zone proposent des solutions pour le stationnement des véhicules dans le respect des normes et de la loi.
Cependant, le chaos est toujours là, comme s’il est provoqué, comme si une partie insiste à ce qu’il soit présent, éternellement.
Le chaos des stationnements illégaux s’ajoute à celui de la vente informelle sur les trottoirs du centre-ville de Tanger pour former une toile d’anarchie et de désordre. Plusieurs autres tumultes dérangent gravement le développement de la ville et restent sans explication logique.
Pire. Les autorités ont attaqué des situations plus compliquées et ont bien réussi leur mission en imposant la loi. C’est le cas par exemple de la destruction de plusieurs bâtiments pour l’extension des avenues menant au stade de football. Un projet dicté par l’obligation d’organiser la coupe d’Afrique dans les meilleures conditions. Démolir une maison, c’est changer le mode de vie de plusieurs familles, peut-être même leur avenir. Interdire les stationnements illégaux réorganisera la vie de tout le monde. On ose le premier, mais pas le second et c’est quand-même incompréhensible.
A.R.


























