On s’attendait à des zones de stationnement en bleu pour réorganiser le stationnement et on a eu des ronds-points et intersections des voies en nila rappelant le titre du film « Le grand bleu ».
Bref à Tanger, on en a vu de toutes les couleurs depuis le lancement des chantiers de réaménagement du centre-ville. Et la déception de la majorité absolue des habitants de la capitale du Nord est énorme. Finalement, aucun projet ne mérite l’applaudissement et moins encore ce WAW que tout le monde espérait exprimer.
Que s’est-il passé alors jusqu’à arriver à ce résultat? On en sait que dalle. Actuellement, les gens discutent de la mauvaise qualité des projets dans toute sa dimension. Une mauvaise qualité des plans imaginés, des matériaux utilisés et surtout de l’exécution. Aucun savoir-faire, ni même un minimum de qualité mettant en valeur l’art artisanal marocain dont la renommée est mondiale.
Pour calmer les esprits, on parle par exemple du retour des ouvriers à Sour Maagazine après l’Aïd parce que le chantier ne serait pas encore terminé!!! Par conséquent, les « erreurs » seraient évidemment corrigées.
Cependant, officiellement, personne n’a osé reconnaître que c’est le projet entier qui est une grave erreur. Il ne s’agit pas, en effet, de rectifier et de corriger. Il ne s’agit pas non plus de remplacer quelques carreaux cassés et ce zellij au dessin effacé. C’est tout le projet qui représente un fiasco total. L’erreur commence à partir de la maquette du plan proposé, des matériaux choisis, de la manière de l’exécution et même du choix des plantes, la « guinda » cerise sur le gâteau que représente le paysage de Sour Maagazine dans son ensemble.
Pour « accepter » le fait, certains parlent de design « vintage » pour faire « vieux », joli et propre. Comme un patrimoine bien protégé. Mais l’idée ne passe pas!
Plus loin, la place des nations a eu sa part du lot avec zéro changement positif. Le maître d’ouvrage a juste changé le carrelage, qui se cassait facilement, par le même carrelage qui va bien sûr se casser un jour.
Aucune envie de faire plus joli, d’imaginer un design moderne et attirant, de faire de cette place un vrai joyau du centre-ville de Tanger.
Peut-être que la vision globale est de faire quelques petites retouches ici et là en attendant le grand événement de la coupe du monde. Mais dans ce cas là, est-il logique de gaspiller 1,3 MMDH juste pour quelques petites retouches?
Si c’est véritablement le cas, il vaut mieux ne plus se casser la tête, ce qui est fait est suffisant. Si Tanger a enfin des trottoirs et des routes sans trous, des immeubles relativement propres et des balcons repeints, c’est déjà ça de gagné, en attendant la coupe du monde!
Après cette expérience, très médiocre pour ne pas dire nulle, la vox populi locale pense de la même manière. Pour les futurs grands projets de réaménagement, qui pourraient soit améliorer l’image de marque de la ville ou la détruire, l’autorité responsable doit prendre le temps de la réflexion, demander l’avis des professionnels (architectes, paysagistes, designers…), proposer aux populations des maquettes pour avoir l’avis de l’opinion publique, et puis à la fin lancer les projets sous un sévère contrôle.
C’est sûrement l’unique réflexion à retenir: arrêter de se précipiter avant de prendre les grandes décisions qui auront un impact direct sur la ville et ses habitants.