« Nos grandes actions se focaliseront principalement sur les projets générateurs de revenus qui sont les plus durables et permettent aux bénéficiaires d’assurer leur survie… »

Pour sa première interview avec La Dépêche du Nord, la nouvelle présidente de l’association Baki LKHIR, Mme Naima El Ouartassi, revient à la création de cette association exemplaire au niveau national et évoque ses principales actions depuis 2020 jusqu’à aujourd’hui.

Mme Naima El Ouartassi, vous êtes la nouvelle présidente de l’association Baki Lkhir, à Tanger. Un poste de responsabilité énorme qui a besoin de grands sacrifices.
Tout en vous présentant à nos lecteurs, expliquez nous aussi ce qui vous motive tant dans votre engagement associatif?

D’abord je me présente à votre lectorat. Je suis Naima El Ouartassi, originaire d’Oujda, mariée et mère de deux filles. Je suis lauréate de l’ENCG Tanger et DAF de la société ECOLO RENTEL INTERNATIONAL depuis plus de 15 ans.
Oui, ayant grandi dans une famille solidaire, accueillante et chaleureuse, j’ai toujours eu ce sentiment de vouloir m’engager dans les actions sociales. Je dirais même que, pour moi, aider les gens que ce soit financièrement, physiquement ou même moralement est quelque chose d’obligatoire.

Quel résumé pouvez-vous faire des activités réalisées par l’association Baki Lkhir entre le mois de Ramadan de l’année dernière et l’actuel? Quels ont été les principaux projets réalisés durant cette période?

Laissez moi vous dévoiler d’abord l’origine de la création de l’association Baki LKHIR. En effet, au départ, nous nous sommes réunis entre nous à ECOLO afin d’aider une autre association sans en faire partie, mais avec le temps nous avons eu l’idée de créer notre propre association «BAKI LKHIR».
Par chance (ou malchance) notre création a eu lieu juste avant le COVID (le 28/02/2020), chose qui nous a amené à faire de notre mieux afin de soutenir un bon nombre de personnes qui se sont retrouvées en difficulté à cause de la grande crise due à la pandémie.
Durant ces trois années d’existence, en tant que trésorière de l’association BAKI LKHIR, nous avons pu réaliser de nombreuses actions, en commençant par la distribution des paniers alimentaires et l’opération Iftar durant le mois de Ramadan (en faveur de plus ou moins 400 personnes par jour), des caravanes solidaires, des repas pour les sans-abri, le réaménagement de maisons de familles démunies, pour enfin arriver à notre point fort sur lequel on travaille principalement aujourd’hui, qui est de réaliser des projets générateurs de revenus. On peut citer une épicerie pour une famille d’aveugle, deux coiffeurs, ainsi que le financement de tri-porteurs et de motos pour livraison…
Finalement, durant le début de cette année 2023, nous avons creusé nos premiers puis (le premier dans la région de Larache et le second dans la région de Marrakech). Et bien sûr, actuellement nous sommes en pleine action de l’opération Iftar de Ramadan.

Durant cette même année, l’association a connu une nouvelle restructuration et un changement structurel avec notamment votre nomination comme nouvelle présidente. Quels sont les détails de ces actions et en quoi consiste ce changement?

Effectivement, le 28 Février 2023 nous avons renouvelé notre bureau et j’ai été nommée présidente de l’association en succession à M. Soulaimane Faraj, dont l’engagement indéniable durant son mandat reste inoubliable pour nous tous. A cette occasion, je tiens personnellement et au nom de tous les membres de l’association Baki Lkhir à présenter nos vifs remerciements à notre ami Soulaimane qui a beaucoup donné à l’association.
Concernant ma nomination, la confiance des membres de notre association m’a certes fait énormément plaisir, mais, en même temps, elle constitue une lourde responsabilité pour une femme qui doit gérer à la fois son foyer, son travail et son activité associative sans oublier de laisser un peu de temps pour elle-même. C’est donc un challenge à gagner et je suis certaine qu’on le fera tous ensemble.
Par ailleurs, pour cette nouvelle ère en tant que présidente de Baki LKHIR, j’ai beaucoup de projets que je compte réaliser, bien sûr, en collaboration avec notre bureau qui compte parmi ses membres des responsables dans leurs domaines : que ce soit en communication-formation, en finance, en droit, en R.H, en système d’information et bien d’autres.
Nos grandes actions se focaliseront principalement sur les projets générateurs de revenus qui, à notre sens, sont les plus durables et permettent aux bénéficiaires d’assurer leur survie et peut-être par la suite d’aider à leur tour d’autres personnes.
Bien sûr nous continuerons de programmer certaines de nos anciennes activités, que je considère personnellement obligatoires dans la vie associative, tel que Iftar Ramadan (peut-être en 2024 avec une nouvelle vision), les aides aux veuves et orphelins (ici aussi on vise un nouveau mode d’aides), l’accompagnement pour certains cas de maladies, des caravanes solidaires, creuser des puis dans des zones rurales, et surtout remodeler le concept du travail associatif classique en lui donnant une touche moderne et adaptée aux contraintes sociales actuelles.

Avez-vous obtenu cette année le soutien habituel de vos partenaires financiers, sur lesquels vous comptez énormément pour continuer à assurer vos opérations et projets malgré cette difficile situation économique?

Certainement avec la crise, parfois on a des difficultés à trouver les fonds nécessaires (mais cette difficulté est juste dans le temps) parce que nous arrivons toujours à notre fin, puisque à Baki Lkhir pour toutes les actions, et depuis toujours, une grande partie des fonds vient des dons propres des membres de l’association, de leurs familles, de leurs amis et des personnes qui nous font confiance. Ceci dit, nous avons un soutien continu de certaines sociétés que je remercie vivement.

Propos recueillis par Abdeslam REDDAM