Tout le monde comprend que les pluies torrentielles provoquent des catastrophes difficiles à gérer. Des morts, des pertes économiques et des crises sociales qui nécessitent beaucoup de temps pour cesser d’exister.
A Valence, l’année dernière, dans la nuit du 28 au 29 octobre 2024, des pluies exceptionnelles, dépassant les 600 litres/m2 en quelques heures, avaient affecté de vastes zones du pays valencien, provoquant d’importantes inondations. Cet événement météorologique, bien que relativement fréquent en Méditerranée, avait causé des dégâts matériels et humains d’une ampleur exceptionnelle avec plus de 210 morts, l’une des catastrophes les plus meurtrières liées aux inondations en Espagne au XXIe siècle.
Logiquement, rien ne peut arrêter des pluies de plus de 600 litres/M2 tombées en quelques heures.
Mais on peut bien limiter les dégâts et même les freiner entièrement quand il s’agit de 37 millimètres.
Malheureusement, cela n’est pas le cas au Maroc où une pluie de densité très moyenne, tue les gens.
Dimanche 14 décembre, de fortes précipitations se sont abattues au Maroc, provoquant des crues soudaines à Safi. Le bilan est dramatique, avec plus de 30 personnes qui ont perdu la vie.
Ces précipitations ont transformé les rues en torrent boueux: environ 70 habitations et commerces ont été touchés, et des véhicules ont été emportés par les eaux.
Ces intempéries ont été causées par le passage de la dépression Emilia, qui se situait au détroit de Gibraltar dimanche dernier. Des pluies orageuses ont apporté plus de 80 mm en l’espace de 48h. De nombreux oueds ont rapidement débordé de leur lit.
D’ailleurs, cette même dépression s’est immiscée en Méditerranée, causant de fortes précipitations avec jusqu’à 200 mm localement en 48h, mais qui n’ont provoqué aucune victime.
A Tétouan et toute sa province (Martil, Mdiq, Fnideq) et à Chaouen, aussi, des pluies moyennes ont rendu impossible la circulation dans toute la région.
Les inondations au Maroc sont devenues un phénomène structurel. Depuis quelques années des événements pluviométriques exceptionnels se manifestent dans plusieurs régions du pays, touchant de plus en plus des zones habituellement à l’abri. Les dernières années ont été particulièrement marquées par des prélèvements intenses qui ont couvert pratiquement l’ensemble du territoire du Maroc. Il est aujourd’hui clair que les changements climatiques, la vulnérabilité naturelle du Maroc et l’aménagement du territoire ont été les principaux facteurs de genèse des crues impliquées. Mais les changements climatiques ne sont pas les seuls responsables!.