Nos Ministres M. Ryad MEZZOUR et M. Abdellatif MIRAOUI l’ont démontré, par leur mutisme, à la question de Faiçal TADLAOUI:

Que sera le Maroc dans 20 ans ?
Qu’est-ce que cela veut dire ?

Quand des citoyens, les chefs d’entrepris et les décideurs politiques s’accordent pour ignorer systématiquement le LONG TERME, le sort de la NATION est en péril.
Surtout venant, d’une part, du ministre du Commerce et de l’Industrie qui doit subvenir et pourvoir à garantir un tissu économique sur une période constante de 30 à 50 ans afin de procurer, alimenter et approvisionner les caisses de l’État (Impôt sur les Sociétés, Impôt sur les Revenus et TVA) et d’autre part du ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche qui doit, quand à lui, alimenter, fournir et munir le tissu économique des compétences démontrées, définies et spécifiées.
Ce qui n’était que « problèmes », quand ils sont apparus et encore maîtrisables, ce sont transformés en « menaces graves ». Il va être beaucoup plus difficile et incomparablement plus coûteux de les affronter, sans assurance de succès.
Exemples parmi d’autres: l’aventure des caisses d’épargne, aisément contrôlable au départ et qui va peser lourdement sur l’économie dans la décennie à venir, la décomposition du système éducatif qui demandera des années et des investissements énormes pour redresser la situation, etc …
Ceci n’est pas lié seulement au réflexe collectif d’une population d’autruches.
La responsabilité des décideurs est aussi fortement engagée: leur vision obsolète de la réalité, fruit d’une expérience périmée et des années faciles, les laisse désarmés devant la complexité croissante du monde. Leur incapacité à dessiner un futur se dissimule derrière des rideaux d’experts, rideaux de fumée dérisoires.
C’est paradoxal surtout pour un ministre qui, pour une bonne part de son activité, jongle avec les plannings, les plans, les projections, les calendriers, les dates. C’est aussi paradoxal, pour celui qui lit toutes sortes de choses supposées parler de l’avenir (étude, thèse, journaux, livres, prospective, science-fiction, etc). C’est d’autant plus paradoxal pour un décideur, un cadre supérieur, etc … qui, depuis son entrée sur le marché du travail, a toujours eu la chance d’être employé en Contrat à Durée Indéterminée (CDI), n’a jamais vraiment connu le chômage, les CDDs, l’intérim, la précarité, les mutations forcées, et toutes ces sortes de choses.
Ceci dit et derrière ces apparences: est-ce qu’ils se sont projeter dans 10 ans ? dans 5 ans ? dans 2 ans ?
Je suppose qu’une minorité, comme eux, géreront leurs carrières, mais la grande parties se contenteront juste de prolonger les courbes, surtout les lignes droites et les horizontales, c’est-à-dire les constantes.
Pour pouvoir se projeter, il faut d’abord savoir ce qu’on veut. Chacun sait bien qu’il n’aura pas forcément ce qu’il veut, mais partant de là, il y a 2 approches.
• Soit on cherche quand même à exprimer, à verbaliser et à suivre ce qu’on veut. Quitte à ne pas l’atteindre, ou à l’atteindre partiellement.
• Soit on renonce à l’exprimer. On renonce à le mettre en mots et à le traduire en actes. On assume qu’on ne peut rien atteindre.
Plus on s’habitue à ne pas chercher à atteindre quelque chose de voulu, plus on est sûr de ne rien atteindre, on se décourage même de juste exprimer un souhait, une volonté, un désir. Moins on se projette dans l’avenir, moins on a de chances que l’avenir ressemble à quelque chose de voulu.
Un des impératifs les plus intenses chez nos décideurs, c’est l’adaptation.
Adaptez-vous ! Soyez flexibles ! Soyez réactifs ! Soyez aussi taillables, assujettis et corvéables à merci ! Tout change, soyez prêts à changer vous aussi, et estimez-vous heureux !
« Accepter l’idéologie du changement continuel c’est accepter que la vie d’un homme soit strictement réduite à son existence individuelle, et que les générations passées et futures n’aient plus aucune importance à ses yeux ». (Michel Houellebec)
Bref, on s’adapte. Il faut s’adapter. Je m’adapte. Je me suis adapté. On prend l’habitude de s’adapter, toujours, tout le temps, à tout et à n’importe quoi. À force de s’adapter, on prend, décidément, de mauvaises habitudes.
On s’habitue à ne pas avoir de perspectives à long-terme. On s’habitue à ne traiter que de l’urgence et du superficiel. On s’habitue à ne plus tenter de construire, on s’habitue à être ballotté au fil des événements, on s’habitue à ne plus avoir prise sur les événements. On s’habitue à n’avoir plus son mot à dire, on s’habitue à ne plus jamais avoir le dernier mot sur rien et à force de n’avoir plus jamais le dernier mot, on prend petit à petit l’habitude de ne même plus dire le premier, ni aucun.
On subit. On subira. On s’adapte. On s’adaptera.
On ne lance plus de suggestions, on n’engage plus de débats, on attend les conclusions, on subit les conclusions, on s’adapte aux conclusions.
On s’habitue à n’avoir aucune chance, alors on ne tente plus jamais sa chance. On s’habitue en somme à ne plus avoir sa vie en main, on s’habitue à une vie toute entière modelée par des contraintes externes. Une vie entièrement rythmée par les facteurs exogènes, une vie où sont refrénés, niés, écrasés, refoulés les facteurs endogènes. Ce qu’on pense ne compte pas, ne comptera pas, ne compte plus. Ce qui est dans la tête importe peu, il faut juste s’adapter et juste être prêt à s’adapter.
Et, partant de là, plus de désir d’avenir, plus de capacité à se projeter dans l’avenir, plus de volonté à obtenir quelque chose de l’avenir … mais quelle drôle d’idée !
On ne devient qu’un être humain abîmé, usé, vieilli et fatigué. Sans avenir, sans foi et sans espoir.
À peine plus qu’une machine, presque un chat.
J’espère que nous apprendrons à penser autrement. Je compte surtout sur l’arrivée aux commandes d’une nouvelle génération de dirigeants qui devraient avoir une représentation plus réaliste de la mutation que nous affrontons. Je compte aussi sur l’arrivée d’une nouvelle génération de décideurs avec davantage de courage.
En écoutant, les 2 Ministres, on discernait, constatait et dénotait que le développement de leur stratégie n’était basé que sur une démarche mécanique:
Le Service Avant et Après Vente (SAAV), répondre, assister et satisfaire les demandes des IDE’s. Cette démarche ne peut aboutir qu’à des résultats médiocres.
Je m’interrogeais, je soupçonnais, je ressentais et je devinais, en les écoutant, qu’ils n’ont aucune connaissance, conscience et idée, ou bien en restant édulcoré, n’ont jamais utilisé des outils stratégiques comme la matrice de SWOT (Force, Faiblesse, Opportunité, Menaces), la matrice PESTEL (Politique, Économie, Social, Technologie, Environnement, Légal) et enfin la matrice de l’Echiquier.
Mesdames & Messieurs les Ministres, la MODELISATION ECONOMIQUE est indispensable à qui veut poser les jalons d’un développement durable, c’est-à-dire qui ne veut pas se réinventer sans cesse tous les 5 et 10 ans au gré des fluctuations mondiales d’une pensée globalisée. Je ne cesse de la ressasser, rabâcher, radoter et répéter depuis 2018 (mes articles font foi et l’attestent).
La différence fondamentale du développement à la Chinoise, c’est que ce n’est pas le marché qui est le vecteur et le régulateur de l’économie mais la vision à long terme, générationnelle inscrite dans une perspective de durabilité.
La Chine ne travaille pas seulement sur le long terme : elle travaille sur le « FAR TIME », le temps lointain, le temps générationnel comme la Vision Royale (4 à 5 générations).
Sachez aussi, Mesdames & Messieurs les Ministres, et c’est MATHÉMATIQUE, que les visions court-termistes vous permettront de gagner des batailles mais ne vous permettront jamais de gagner la guerre. C’est ça qui est polémique aujourd’hui.
Une réflexion mes cher(e)sMinistres, lorsque vous annoncez avec tchatche, orgueil, suffisance et fierté votre programme en centaines de millions ou de milliards de Dhs comme si la solution se trouvait dans la dépense de ce budget, sachez rester humbles devant ce budget qui est un investissement sans R.O.I (Retour sur Investissement). Et par conséquence, vous avez gâché, gaspillé et estropié le fruit des labeurs de nos citoyens.
N’ignorez pas aussi qu’en poursuivant toute sa vie des buts mondains, on gaspille son temps, tel un pêcheur qui jetterait ses filets dans une rivière à sec.
Avant de conclure, j’aimerais dire … il n’y a pas plus stupide de remporter des victoires dont on ne sait pas exploiter les fruits, c’est pourquoi on dit: « Le souverain avisé projette la victoire, le bon général l’exploite ».
Mesdames et Messieurs les Ministres, vous ne cessez de dire, redire, remémorer et mentionner: « Suite à la Vision Royale … » Rappelez-vous: « Un objectif noble inspire le sacrifice, stimule l’innovation et encourage la persévérance ».
Ne dit-on pas que:
-L’économie est plus importante que la politique.
-La concurrence est à l’économie ce que la démocratie est à la politique.
Afin de faire assimiler, intégrer, saisir et approprier à mes étudiants; Qu’est-ce que la STRATÉGIE & la TACTIQUE, je leur donne toujours cet exemple:
« La Stratégie est de décider à votre conquête à sortir avec vous et la Tactique, c’est de la ou le décider à ne pas rentrer sans vous ».
Alors, mettez en place une Stratégie et appliquez une Tactique qui ne ruine pas cette VISION mais qui la stimule et l’alimente.
Pour « THE END », ceux qui vivent le jour le jour, resteront petits pour ne pas dire « DÉVORÉS » par les plus intelligents. Anticiper est une façon d’Être et une façon de FAIRE acquise très tôt.
N.B: Pour répondre à la question de Faiçal TADLAOUI, je vous invite à un débat et j’espère dans le plus bref délais.

Oussama OUASSINI
L’homme qui murmure aux oreilles des Hommes d’État.