Sidi Binzel, l’homme dont le nom est lié, à Tanger, au phare du Cap Spartel serait le premier gardien marocain de cet important monument historique.
Considéré comme doyen des phares marocains, le phare de Cap Spartel est fonctionnel depuis plus de 150 ans grâce aux efforts perpétuels de restauration et de conservation réalisés par les départements responsables.
Ce monument trouve sa valeur non seulement dans sa position et sa notoriété historique, mais aussi dans les anecdotes le concernant.
Parmi ces histoires, on assure depuis plusieurs décennies que son premier gardien était un marocain nommé Sidi Binzel.
Or ce n’est pas du tout vrai. Après de longues recherches, des experts qui s’intéressent de très près à l’histoire commune germano-marocaine,  remontant au 19ème siècle, ont révélé une nouvelle vérité.  Au fait, Sidi Benzil ne serait que l’Allemand OTTO WENZEL. Alors qui est cet homme et comment est-il devenu le premier responsable de la gestion du phare de Cap Spartel (il n’était pas que gardien!)?
Selon l’histoire, le phare du Cap Spartel a été inauguré en 1864 et l’Allemand OTTO WENZIL était son premier gardien responsable.
Mais comment prouver cette existence ? La source est un livre de mémoires écrit par un autre Allemand, Ludwig Pietsch, qui a voyagé au Maroc et visité notamment les villes de Tanger et Fès, entre autres zones, et avait écrit qu’il n’y avait aucun allemand installé au Maroc sauf deux personnes.
Theodor Brauer qui avait ouvert une usine à Mogador en 1872 et à Tanger le gardien du phare Cap Spartel nommé OTTO WENZEL que les Marocains appelaient Sidi Binzel.
« Il était le seul Allemand qui s’était installé à Tanger après une existence aventureuse », avait écrit Ludwig Pietsch.
Selon les mêmes archives, le second gardien du phare de Cap Spartel était aussi un Allemand. Il s’agit de Joseph Gumpert. C’est le fils d’un tisserand de Blottendorf qui aurait commencé en 1841 sa grande tournée en Europe l’emmenant notamment à Sevilla et à Tarifa où il avait épousé une Espagnole, Sebastiana Gambino. Le couple s’installe définitivement à Tanger en 1851. A partir de 1878 Joseph Gumper s’installe lui et sa famille au phare du cap Spartel et il devient selon OTTO WENZEL le gardien du bâtiment.
L’histoire assure que Joseph et Sebastiana ont eu 6 fils et une fille. Herman, Luis, José Ramon (qui devient son successeur comme gardien du phare), Franz qui était devenu dentiste à Tanger, Augustin, Godfierd et Josefa.
José Ramon, a été expulsé vers l’Espagne en 1915 à l’instigation de la France.
Joseph Gumper est décédé en 1899 dans son phare à l’âge de 77 ans. Un de ses nombreux petits-fils était interprète à Tétouan à partir de 1913.


Sur la photo, M. Zouhair Magour, le Consul honoraire de la République Fédérale d’Allemagne à Tanger offre à M. Mounir Lymmouri, le maire de la ville, les deux tableaux racontant toute cette histoire qui rétablit bel et bien une vérité. Ces deux oeuvres ont naturellement leur place au musée du phare de Cap Spartel permettant ainsi à tous les visiteurs de connaître cette histoire. 

A.R.