« Traces allemandes à Tanger et au Maroc ». On se rappelle tous comment cette exposition historique organisée à la fois en Allemagne et au Maroc, avait beaucoup aidé à remettre sur les bons rails de l’entente et de la coopération les deux pays amis. A Tanger, elle avait été organisée en juin 2014 à la galerie d’art de l’Institut Cervantes.
Cette exposition sur la présence allemande au Maroc, avait été initiée  par l’association Deutsch-Marokkanische Gesellschaft Tanger (DMG) et réalisée sous le commissariat du défunt Hans Joachim Tischleder en partenariat avec l’Ambassade d’Allemagne à Rabat et l’Institut Goethe de Rabat-Casablanca. Elle comprenait 68 tableaux montrant des photographies et des documents historiques avec des explications sur cette époque durant laquelle la modernité a été entamée en Europe et où Tanger a été avec sa ‘zone internationale’ le premier point de rencontre pour des immigrants.
Cette exposition éclairait ainsi les traces que ces immigrants allemands ont laissées à Tanger et au Maroc et donnait parallèlement un aperçu sur le développement, en général, des rapports germano-marocains durant cette période. Mais par ce regard sur le passé, cette exposition donnait aussi une perspective sur le présent, marquée par des relations d’amitié et de convergence entre le Maroc et l’Allemagne.
Dans son bureau, M. Zouhair Magour, Consul honoraire de la République Fédérale d’Allemagne à Tanger et au Nord du Maroc, également président de la DMG, garde toujours avec une énorme fierté certains tableaux de cette grande exposition.
Quand M. Magour vous accueille dans son bureau pour par exemple parler des investissements allemands à Tanger et dans sa région, il vous parlera d’abord de cette histoire des Allemands dans la capitale du Nord, de cette trace allemande si importante dans l’histoire de la ville et vous dira aussi, tableau à l’épreuve, que le premier gardien du Cap Spartel était un Allemand et pas un Marocain comme on l’avait toujours cru.
Dans ce bureau consulaire, on sent fort bien cette effervescence des relations maroco-allemandes. L’équipe dirigée par le jeune Consul honoraire ne chôme pas du tout vu le nombre croissant des dossiers qu’elle traite chaque jour. Traiter les affaires consulaires d’un périmètre allant de Tanger jusqu’à Oujda requière énormément de volonté, de sérieux et d’abnégation, en plus d’un homme qui sait gérer toutes les situations.
Idem pour le bâtiment du deuxième étage abritant les locaux de la Deutsch-Marokkanische Gesellschaft où des cours de la langue allemande sont donnés aux étudiants Marocains voulant faire des études universitaires en Allemagne, mais aussi et de plus en plus à ces jeunes voulant y s’installer pour travailler.
Mais dans le traitement et l’accueil de tout ce beau monde il y a une organisation exceptionnelle qu’en dirait qu’il n’y a personne dans les deux bâtiments.

Six ans plus tard, donc, les relations bilatérales entre le Maroc et la République Fédérale d’Allemagne n’ont jamais été aussi excellentes pour ne pas dire exceptionnelles. Et cela se sent aussi à Tanger.
A. REDDAM