Le nombre interroge sur la politique sociale menée par l’actuel gouvernement ainsi que sur la gestion des autorités locales de cette activité informelle, voire même illégale.
Le commerce ambulant est illégal parce qu’il échappe au fisc, mais aussi à la sécurité sociale, etc. Sinon vendre des produits par terre, sur un trottoir n’est pas du tout interdit. La preuve, le nombre des commerçants ambulants ne cesse d’augmenter, malgré toutes les politiques visant à les intégrer dans le secteur formel.
Pour réduire le nombre des personnes exerçant le commerce ambulant, le gouvernement doit non seulement leur construire des marchés de proximité, mais aussi interdire que de nouveaux commerçants ne viennent occuper les espaces abandonnés par ceux qui ont obtenus des magasins ou des carrés dans ces nouveaux marchés. Malheureusement, cela n’arrive jamais.
Pour évoquer l’exemple de Tanger, faut-il rappeler que quand la Wilaya et autres institutions comme la Commune et l’Agence de développement du Nord, financent la construction de nouveaux marchés de proximité et les inaugurent, les autorités chargées de contrôler les zones où s’installaient les vendeurs ambulants ne font pas leur travail pour interdire l’installation de nouveaux commerçants.
Résultat: on se retrouve avec un marché peu fréquenté et des rues et des trottoirs toujours occupés.
Le développement de cette activité a malheureusement pris une dimension très dangereuse, mais que ces mêmes autorités ne veulent pas, non plus, interdire, au nom de la protection sociale.
Sauf que cette même politique de protéger les familles vulnérables en laissant se développer chaque année plus le commerce ambulant, a provoqué l’installation d’autres phénomènes plus dangereux que les habitants de certains quartiers supportent très mal.
Prenant l’exemple du quartier Msallah où sont concentrées des centaines de petites ruelles à l’accès très difficile pour les sapeurs pompiers si un incendie y est provoqué.
A Rass Msallah par exemple, en plus des centaines de marchands ambulants qui y interdisent la circulation des véhicules, ces derniers louent depuis plusieurs années les maisons en rez-de-chaussée qu’ils ont transformées en magasins pour stocker leurs marchandises. Des maisons vétustes en général où les installations électriques datent souvent de l’ancien siècle. Imaginez un court-circuit, les dommages seront fatales puisqu’on parle de tonnes de marchandises constituées de tissus et autres matières inflammables.
Une situation qui pourrait devenir davantage dangereuse à cause de l’existence de petits restaurants dans ces mêmes ruelles possédant chacun plusieurs bouteilles de gaz, qu’on retrouve également à côté des nombreux épiciers qui les gardent à l’extérieur. Un enfer!
Bizarrement, les autorités de la tutelle, les Caïds et leurs préposés ainsi que les forces auxiliaires mises à leur disposition font comme s’il n’existait aucune menace. Les argents de l’ordre, présents à Msallah comme dans tous les quartiers souffrant du commerce ambulant, sont de simples spectateurs dans un théâtre où règne le désordre et l’anarchie. Scotchés dans leurs véhicules, ils paraissent impuissants même pour imposer à ces centaines de commerçants une meilleure organisation permettant au moins aux piétons de circuler sans se piétiner.
Malheureusement, au niveau gouvernemental, quand on aborde le sujet du commerce ambulant, le ministre responsable préfère parler d’autres choses que des vrais problèmes posés par le développement de ce phénomène.
Ainsi, lors de son intervention à la séance plénière consacrée aux questions orales à la Chambre des Représentants, tenue lundi 20 novembre, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour a révélé une réalité socio-économique, dévoilant que 250.000 Marocains sont actuellement engagés dans le commerce ambulant.
Le ministre a souligné que 86.000 marchands ont déjà bénéficié du programme de réorganisation dédié à cette catégorie professionnelle.
Le ministre a mis en avant les efforts entrepris pour soutenir cette catégorie, ajoutant que ces commerçants, majoritairement des hommes de plus de 40 ans, ayant la responsabilité de subvenir aux besoins de leur famille. Ce contexte met en relief l’importance sociale du commerce ambulant en tant qu’un mal nécessaire et comme un moyen de subsistance pour de nombreuses familles.
Quant à l’aspect territorial, le ministre a affirmé que les emplacements des marchands ambulants sont soigneusement choisis pour répondre aux besoins de la population. En soulignant la mise en place de 200 marchés de proximité qui visent à légitimer davantage leur activité en offrant des espaces dédiés et organisés.
De plus, Ryad Mezzour a rappelé l’existence d’un guide destiné aux autorités locales. Ce guide, conçu pour faciliter l’intégration des personnes exerçant le commerce ambulant dans les villes du Royaume, démontre une approche proactive du gouvernement pour accompagner et réguler cette activité.
Pour Ryad Mezzour tout est positif et il n’y a rien de si alarmant.