Que sait-on de la province Fahs-Anjra? Quand on fait des recherches sur internet, Google, par exemple, nous renseigne très peu sur cette province. Wikipedia, en plus des sites de quelques institutions locales et nationales, affiche pratiquement le même texte ne dépassant pas cinq petits paragraphes…
Voici le petit résumé”:
“La province de Fahs-Anjra a été créée par le décret no 2-03-527 du 10 septembre 2003. Son territoire provient de la réunion de l’ensemble des communes rurales de la province de Fahs Bni Makada (Al Bahraoyine, Ksar Sghir, Laaouama et Malloussa) et de quatre communes rurales de la province de Tétouan (Anjra, Jouamaa, Ksar El Majaz et Taghramt).
La province de Fahs-Anjra est une province à dominante rurale située sur la face méditerranéenne occidentale du Maroc. Elle regroupe principalement les communes rurales faisant face au détroit de Gibraltar et à ce titre le site du port de Tanger-Med.
La région n’inclut pas jusqu’à lors de grand centre urbain à proprement parler, toutefois, la création de la ville nouvelle de Chraf’ate et de zones industrielles majeures devraient favoriser l’urbanisation de la zone.
Enfin, il est à noter que la province dispose de paysages remarquables notamment en face du détroit (zone de Ksar Sghir).
Fahs Anjra constitue aujourd’hui un pôle d’activité central au cœur du Détroit en accueillant le port de Tanger Med depuis 2007 et sa zone exclusive de développement, des zones d’activité industrielles majeures (Mellousa) et la ville nouvelle de Chrafate construite pour accueillir près de 150 000 habitants…”
Grâce à cette information, on sait que cette jeune province, 21 ans déjà, regorge de richesses naturelles et industrielles.
Le port Tanger Med, la nouvelle ville Chrafat, l’usine Renault, les futurs investissements chinois et européens… tout ce beau monde s’installe à Fahs-Anjra qui se transforme en une vraie mine d’or! Il est aussi clair que cette province dépassera logiquement celle de Tanger-Assilah qui est aujourd’hui le centre névralgique du développement dans cette Wilaya.
Sauf que cela va sûrement poser un problème duquel personne ne veut parler.
Au niveau de l’administration territoriale, on a cette impression que la province de Fahs-Anjra ne communique sur aucun sujet qui la concerne. C’est comme si on n’aime pas beaucoup organiser des rencontres, des séminaires et des journées d’études pour avoir l’avis des experts et de la société civile concernant le développement de cette province et les problèmes à éviter pour protéger son environnement, ses plages, ses forêts et son cachet rural.
L’absence des débats relatifs à une vision de développement “propre”, respectant l’environnement local et créant une richesse pour les habitants de cette zone, provoquera un développement anarchique qui fera disparaître tôt ou tard les forêts et les villages dans un site des plus beaux entre Tanger et Tétouan.
C’est pourquoi, la province de Fahs-Anjra est priée de revoir sa politique de communication et sa relation avec la société civile en sortant un peu de son cocon.

A. REDDAM