Rapport de la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement  

Insuffisance & Restriction

Le déclin économique est là. 
Des mauvais choix économiques l’expliquent en partie, ce qui ouvre des possibilités de redressement pour les années à venir.
Le déclin est à la mode. Il est difficile de trouver un examinateur intelligent pour soutenir que le peuple est plus heureux qu’il ne l’ait jamais été. Évidemment, chaque catégorie de spécialistes abordera la question sous son angle propre: social, moral, politique, économique, extérieur et/ou de puissance. 
Le déclin économique se manifeste au sens strict par le revenu, l’endettement, le taux de croissance, les déficits intérieurs & extérieurs chroniques … que dans celles de l’utilité des individus. 
Ainsi, on peut réunir des fagots de données concordantes telles que la poussée de la précarisation, la baisse du revenu disponible par habitant, la perte de qualité de l’éducation… tous ces éléments sont justement des sources et des symptômes du déclin. 
Prenons pour exemple le taux de croissance du PIB réel, ce taux ne cesse de baisser et on devine que le revenu disponible par tête d’habitant diminue.
Poussant la logique en la poursuivant jusqu’au développement du modèle à investissement effectif (MIE) dont les principales déductions se dévoilent en 2 étapes.

1ère étape:
La Croissance économique est une question de progression des facteurs de production. 

• Le capital industriel s’accroît par un maximum d’investissements, qui dépendent des prises de risque des entrepreneurs ; 

• le progrès technique qui repose sur des investissements en technologie, largement conditionnés par la culture scientifique globale ; 

• le capital humain professionnel, qui progresse par la transmission éducative et l’apprentissage ; 

• le travail qui se mobilise dans une offre optimisée reliée à la démographie. 

Pour bien organiser et conjuguer ces facteurs, une saine gestion des entreprises et des conditions juridico-réglementaires sont nécessaires et des équipements publics doivent être financés en permanence. 
L’ouverture vers l’extérieur et la puissance nationale (catalyseur de cette ouverture) sont indispensables.
De cette façon, la croissance économique dépend des investissements effectifs dans tous ces domaines et la politique économique idéale est celle qui les porte à leur maximum. 
La croissance économique est un phénomène de long terme où les progressions se succèdent et s’enchaînent sur des décennies. On le comprend d’autant mieux en l’assimilant aux temps de transmission des cultures et des mentalités. L’esprit d’entreprise en est un exemple (une pensée pour l’OCP).
C’est une première étape à franchir vers le développement.

 2ème étape:
La croissance économique nous fait passer à l’utilité des personnes et à l’utilité collective. 
C’est la progression de cette utilité au niveau national qui constitue le développement d’un pays ; l’Anti-développement en est la baisse. 
En plus de la consommation des biens procurés par le revenu disponible, le développement se nourrit de la constitution du patrimoine (les particuliers) et du temps disponible (hors professionnel) dont ils disposent pour en obtenir des satisfactions. Mais tous ces éléments se combinent à une série de cultures humaines (culture de qualité de vie, culture religieuse et philosophique, santé, sécurité, fierté nationale, sentiment d’appartenance). 
À l’inverse, l’État et autres entités exercent des pressions et contraignent les individus en limitant leurs choix. 

Le rôle de l’État et les positions politiques 

La présentation des forces de développement et des faiblesses de l’anti-développement font ressortir l’importance des actions publiques pour les mouvements de croissance économique et de l’utilité sociale. 
Le poids de l’Etat dans le PIB le met évidemment au 1er rang des acteurs les plus influents. Dès lors, il est légitime et justifié de le placer sur la sellette en cas de mauvaise situation d’un pays et d’une économie. 
L’administration grossit sans arrêt, par l’augmentation à la fois des pressions fiscales exponentielles et des budgets d’organismes publics parasitaires, et tout cela sans effet positif sur l’utilité collective. 
Les pressions fiscales et l’augmentation des dépenses publiques freinent le dynamisme économique au sens strict et réduisent la croissance en provoquant l’apathie et l’assistanat (Subvention) tout en détruisant l’esprit d’entreprise et de prise de risque. 
Les pressions sur la vie courante découlent de la même illusion de mieux atteindre le bonheur immédiatement par l’action publique. Elles visent à obtenir un haut niveau de santé, de sécurité, d’égalité, de qualité d’environnement, mais en faisant le sacrifice des libertés individuelles. Le totalitarisme doux prophétisé par Alexis de Tocqueville se met en place.
Un argument nous est fourni par l’évolution de notre système éducatif. La dégradation de ce secteur n’est pas seulement un délabrement explicable par un manque de moyens ou l’augmentation de la population mais le fruit d’une politique délibérée de pressions sur la jeunesse afin qu’elle ignore le risque, le mérite et la culture nationale au profit de leurs opposés. Tous les moyens ont été utilisés pour atteindre cet objectif. 
La tâche, des gouvernants idéals et accomplis, est simplement définie comme celle qui optimise et améliore l’utilité collective des habitants. Comme cette maximisation est intertemporelle, elle doit être leur préoccupation pour le présent et pour le futur. 
Le modèle de développement économique recense une quantité d’actions publiques ayant des effets. On peut les classer selon leur impact sur la croissance du PIB et du revenu disponible (1) et leur influence sur l’utilité et du développement (2).
(1) L’idée est simple : faire avancer tous les facteurs de production (travail, capital, progrès technique …) le plus vite possible pour connaître la meilleure croissance. C’est donc “booster” les fonctions d’investissement en augmentant le rendement net d’impôt et plus généralement en modelant un système d’incitations favorables à l’action économique. Comme ce programme politique se déroule dans le temps long, il doit aussi promouvoir l’évolution de toutes les formes de capital humain utiles, dont la culture de puissance nationale occupe une place prépondérante et puissante (création d’une Agence Marocaine de l’Intelligence Économique). 
(2) Des mesures plus spécifiques concernant l’utilité collective sont aussi à prendre, tout en respectant les principes de l’accroissement du bonheur des peuples et le réglage au plus bas des pressions et des contraintes. 
Dans ce contexte, l’État doit respecter le principe de subsidiarité. Il doit laisser l’économie privée en première ligne pour assurer la croissance et il doit laisser l’individu définir son propre bien-être. Mais cela n’empêche pas, ne rejète pas, ne conteste pas et ne dénie pas la présence et l’importance de l’État pour toute une série de tâches et d’impacts sur le développement. 
Le cas des pays scandinaves est à prendre pour exemple, l’essentiel des missions d’Éducation, Santé et Justice sont assurées directement par l’État ; ils ont donc d’emblée cette responsabilité qu’ils doivent assumer au mieux.
Dès lors, on imagine qu’un gouvernement idéal fera son possible pour accroître les biens et le patrimoine dont disposent les citoyens et les diverses formes de cultures sur lesquelles ils s’appuient pour construire leur bonheur. Il doit aussi penser ce bonheur pour les générations futures, tout en ajustant ad minima les pressions qu’il exerce ou laisse exercer par d’autres.
Reste à comprendre pourquoi et comment les gouvernants peuvent se sentir incités à agir dans le bon sens et pourquoi finalement, ils ne le font pas. 
Mathématiquement, l’État est impliqué dans le développement par action et par omission ! 

Les comportements publics : une analyse politico économique

Des études (Pat Buchanan & William Niskanen) soulignent le fait que les choix publics tendent à maximiser l’utilité des gouvernants. 
Remémorons leurs que ce ne sont pas des acteurs au-dessus de la mêlée ! 
Prévoir leurs décisions implique donc de découvrir leur utilité personnelle, une fonction dont les arguments principaux sont: 
“Premièrement, se faire élire, deuxièmement se faire réélire !”
Mais la théorie des choix publics, florissante dans les années 70 et 80, a perdu une part de son lustre. Au sein même des pays dits “démocratiques”, beaucoup de choix importants ou graves ne sont pas faits par adhésion majoritaire claire, même si les procédures légales sont respectées. 
La démocratie véritable implique l’adhésion, ou au moins le non-rejet de la part des gouvernés, et qui diffère du banal “État de Droit” où les Politiques et les Juges peuvent dominer l’électeur. 
La théorie du Public Choice ne fait pas assez référence au cadre culturel, aux mentalités complexes et surtout à l’environnement médiatique.
Les gouvernants dépendent donc de la société qui les porte ; leurs intentions, résumées dans une fonction objectif propre à chacun, expriment d’où ils viennent, ce qu’ils sont et ce qu’ils deviennent par l’expérience. 
En gros, les pays ont les gouvernements qu’ils méritent … depuis quelque temps parfois ! 
L’analyse des choix publics doit forcément tenir compte de ce phénomène de sélection des élites politiques à long terme.
Il ne dit pas non plus qu’ils mettront le pays en situation pire pour maîtriser les techniques nouvelles et les défis culturels du futur. Il se moque du long terme et de la nécessaire transmission et il mise seulement sur le fait que les élections n’en dépendront pas. 
En conclusion, le déclin économique pourrait s’expliquer par le fait qu’on a réussi à écarter médiatiquement et concrètement les thèmes de long terme qu’il aurait fallu traiter. 
L’anomalie est l’abstention intellectuelle et morale de ceux qui pensent le long terme de l’économie du développement et ceux qui se laissent enfermer dans une succession de choix à court terme. 
Par cette approche, on peut gagner des batailles, mais on n’arrivera jamais à gagner la guerre. 
En fait, le ver était déjà dans le fruit.
Ils ne comprennent pas la culture et la nécessité des transmissions intellectuelles. 
C’est dans cette pomme que se niche le ver !
Il est possible de faire apparaître quelques autres conclusions, comme:
• L’État a combattu le libre développement au nom de l’égalitarisme. Il le combat aujourd’hui pour des raisons d’écologie, de santé et de sécurité. L’économie se tire donc dans le pied avec un fusil à répétition. Donc, il n’y a aucune chance qu’elle puisse renouer avec le développement.

• La déliquescence de notre outil d’éducation (maternelle à l’université). il ne viendra à l’idée, ni des promoteurs – les initiateurs et ni des médias, de porter la vraie discussion sur la comparaison avec des systèmes étrangers qui réussissent mieux et d’imaginer les mesures à prendre pour les rejoindre. 
Peut-être que ces réalités seront enfin prises en compte quand le système se sera effondré… 
Et pour finir, il me faut mentionner une petite pensée: J’en ai plus que marre de ces campagnes électorales où jamais la moindre idée n’est évoquée et où l’on essaye de nous faire acheter un candidat comme si c’était un paquet de lessive.
Personnellement, la démocratie représentative n’a plus lieu d’être dans l’âge de l’Internet.
Les gouvernants ont failli, il faut redonner la parole et le droit d’initiative au Peuple.
Vive les référendums d’initiative populaire.